Polémique autour d'un drapeau
Le drapeau anti OTAN polémique à Strasbourg - Video envoyée par StrasTv
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Communiqué de presse - Contre-sommet de l'Otan - Strasbourg 1-5 avril
Organisateurs :
Collectif international de coordination (ICC) : www.no-to-nato.org
( contacts Reiner Braun tél. 0049-(0)172-2317475- Arielle Denis 00 33 (0)-687 148 933 )
Collectif français Non à l'Otan: www.otan-non.org (contact Catherine Rio : 06 08 27 99 72)
Collectif de Strasbourg anti Otan : www.non-otan-strasbourg.eu
(contact Frédéric Henry : 00 33 (0) 672 730 269)La manifestation du 4 avril sera le point d'orgue des actions du mouvement international pour la paix à l'occasion du Sommet du 60ème anniversaire de l'Otan. Des délégations de plus de trente pays sont attendues et 600 organisations appellent à venir manifester.
Ce 4 avril, le drapeau arc en ciel de la paix sera bien visible à Strasbourg, même si ces derniers jours, la police a contraint les citoyens de Strasbourg à ôter ce drapeau de la paix des balcons et mis la ville en état de siège, dans une véritable tentative organisée d'intimidation. Mais que démontre cette hostilité à la démocratie, la peur de la liberté d'expression et la crainte de l'aspiration à la paix des citoyens ?
Quiconque planifie et mène une guerre, agresse en même temps la démocratie. Notre réponse à cela ne pourra que s'adresser à tous les citoyens épris de paix et de liberté : venez manifester à Strasbourg!
Avec cette manifestation, nous espérons influer sur ce qui restera dans les esprits après le Sommet de l'Otan. L'image de nos cortèges, des milliers de manifestants créatifs, pleins d'espoir et d'idées pour un autre monde – ou bien la vielle logique du profit, activant sa machine de guerre dans le bruit des bottes?
La Ville de Strasbourg, otage de tant de conflits, symbolise la lutte entre guerre et paix. C'est pourquoi nous invitons tous ceux qui aspirent à la paix à se rendre à Strasbourg et à amener un ami, un collègue ou un compagnon étranger!
Nous avons d'innombrables raisons pour défendre la paix, exposées dans nos pages Internet.Les 3 et 4 avril, l'Otan fêtera son 60ème anniversaire à Baden-Baden, Kehl et Strasbourg, c'est donc un rendez-vous très important pour nous, le mouvement pour la paix et contre la guerre. L'Otan est le bras armé des intérêts occidentaux et s'est transformé en coalition permanente des puissants pour mener les guerres et préparer de nouveaux conflits partout sur la planète. Depuis sa doctrine de première frappe nucléaire, jusqu'à l'escalade de la guerre en Afghanistan :
- 60 ans après sa création,
- 20 ans après la dissolution du Traité de Varsovie,
- 10 ans après la guerre illégale contre la Yougoslavie,
- 7 ans après le début de la guerre en AfghanistanL'Otan demeure dangereux comme au premier jour et il doit être dissout.
L'illusion que l'Otan deviendrait une alliance plus pacifique sous l'influence du président Barack Obama, s'est dissipée avec les premières décisions du nouveau gouvernement états-unien à propos du retrait des forces d'occupation en Irak. Au lieu de retirer les soldats et de les renvoyer chez eux, 20 000 d'entre eux sont déplacés vers l'Afghanistan. D'autres Etats membres de l'Otan disent vouloir lui emboîter le pas et envisagent d’augmenter leurs contingents respectifs.Il ne s'agit pas de pacifier l'Otan, mais de le destituer une fois pour toutes ! C'est ce qu'exigent les forces de paix dans le monde entier. En même temps que la manifestation de Strasbourg, le 4 avril auront lieu des manifestations pour la paix et contre la guerre à New-York, Athènes, Nicosia, Istanbul, Prague, Vicenza...
Notre protestation sera aussi l'occasion d'examiner les alternatives à l'Otan et à la nouvelle escalade militaire. Venez nombreux participer à la Conférence internationale et à l'Assemblée sur la guerre le vendredi 3 et le dimanche 5 avril.
Informations / programme
Par internet :
www.no-to-nato.org www.otan-non.org www.non-otan-strasbourg.eu
Programme : un “4 pages programme” sera publié dans les quotidiens l'Humanité, “junge Welt” (www.jungewelt.de), “Neues Deutschland” (www.neues-deutschland.de) , “die tageszeitung” (www.taz.de)Protester en ligne
Adhérez à la protestation en ligne à l'adresse: www.frieden-mitmachen.de
et www.appelotanafghanistan.org
Vidéotan : lettre ouverte au comité en toc
30 mars 2009 - CREP Strasbourg (Collectif de Réappropriation de l'Espace Public)
Après les nouvelles caméras de surveillance installées au lendemain des élections municipales, voici celles du sommet de l’OTAN. Puisque sur ce sujet la mairie ne daigne pas nous répondre, interpellons le comité d’éthique de la « vidéoprotection »... pour savoir s’il existe vraiment !
Madame la Présidente,
Ces dernières semaines, les Strasbourgeois ont pu constater l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance dans les rues de leur ville, destinées selon la municipalité à « assurer la sécurité » du sommet de l’OTAN. Cette extension a été réalisée sans aucune consultation ni débat démocratique : les conseillers municipaux de Strasbourg et les conseillers de la CUS n’ont pas eu a se prononcer sur le sujet ; les nouveaux conseils de quartiers n’ont pas été avertis ; quant aux citoyens, ils n’ont pas été informés.
Reste le « comité d’éthique de la vidéoprotection » que vous présidez, dont les compétences ont été étendues en septembre dernier : il lui incombe désormais de donner un avis sur les projets d’extension du réseau de vidéosurveillance de la CUS. Or, à part pour vous introniser à sa tête en décembre, ce comité ne s’est jamais réuni ! Ceci est d’autant plus fâcheux que ces nouvelles caméras vont vraisemblablement rester en place après le sommet de l’OTAN, comme l’a laissé entendre Robert Herrmann.
En octobre dernier, nous affirmions que votre comité avait pour seul but de légitimer la vidéosurveillance urbaine, le choix du terme « vidéoprotection » en étant la preuve éclatante, et de confisquer aux citoyens le débat sur ce thème. Pour le moment, les faits nous donnent raison : à vous de les faire mentir...
En premier lieu, nous vous demandons de vous prononcer rapidement sur cette dernière extension du réseau de caméras et sur son éventuelle pérennisation. De plus, la plupart de nos concitoyens étant peu conscients de la surveillance dont ils font l’objet à chaque instant, nous vous demandons de publier la carte des caméras de la CUS. Cette transparence est la moindre des conditions d’un débat démocratique sur la vidéosurveillance dans l’espace public.
En second lieu, nous vous demandons de veiller au respect des droits des personnes vidéosurveillées pendant le sommet de l’OTAN. D’une part, chacun doit pouvoir exercer son droit d’accès aux images afin de se défendre face aux violences des forces de l’ordre et aux arrestations arbitraires, qui sont systématiquement constatées lors de ce type de manifestation. Et d’autre part, l’utilisation des images par les autorités ne doit pas outrepasser le cadre de la loi, en particulier pour ce qui est de la durée de conservation et du fichage.
Il en va de notre liberté d’expression dans l’espace public, déjà menacée par les restrictions de circulation, comme dans les zones rouges et oranges dont la légalité est contestée, et par les intimidations illégales dont font l’objet les personnes arborant le drapeau de la paix. Veuillez agréer, Madame la Présidente, l’expression de nos salutations citoyennes, libres et vigilantes.
Un drapeau dangereux...
ATTENTION : DANGER
DERRIERE les DRAPEAUX de la PAIX SE CACHENT DE DANGEREUX MEMBRES de GROUPUSCULES PACIFISTES
Cela a commencé le weekend des 14 et 15 février 2009, lors de la préparation internationale du contre sommet de l’OTAN : les membres du mouvement de la paix allemand avaient apporté un beau drapeau multicolore qui portait l’inscription « Pace, no to nato ». Tellement beau. Tellement pacifique. Des militants ont alors eu très envie d’en afficher partout dans Strasbourg ; un moyen simple pour faire participer les habitants, leur proposer d’orner la ville d’arcs en ciel, et d’afficher leur rejet d’une organisation porteuse de guerre et de domination. C’était tellement évident : bien sûr, on allait couvrir la ville de drapeaux !
Couvrir… 400 drapeaux pour commencer. Récupérés à Baden Baden quelques jours plus tard, grâce à nos camarades allemands qui en avaient déjà imprimés en grande quantité. Des tracts ont été proposés, signés par 12 organisations (associations locales et nationales et partis politiques), imprimés à 15 000 exemplaires, puis distribués dans les boites aux lettres et sur les marchés.
Durant la distribution des tracts, il n’a pas été rare d’entendre des passants avertir : « Attention, la police n’est pas loin, vous allez avoir des problèmes ». « Je suis d’accord avec vous, mais je ne voudrais pas être embêté ! ». « Est-ce qu’on a le droit d’afficher des drapeaux à sa fenêtre ? J’ai entendu un cas dans lequel cela avait été interdit, avec le drapeau tibétain lors des jeux olympiques de Pékin ». « Est-ce que tu penses que si j’affiche un drapeau à ma fenêtre, mon copain, qui n’est pas français, peut avoir des problèmes ? ». C’est vrai, les militants faisaient leur distribution avec de dangereuses armes sur le dos : des drapeaux de la paix ! Et les habitants auraient eu bien tord de s’associer à cette manifestation terrible d’une opinion politique si forte : nous voulons la paix ! Nous voulons le dire armés de… drapeaux !
Quelques drapeaux ont fleuri dans les rues de Strasbourg… puis, il y a eu le passage des forces de l’ordre dans les appartements de plusieurs personnes. La presse a très bien relayé le cas de Christian Grosse, mais ce qui s’est passé ailleurs est autrement plus significatif et grave: à des étudiants qui avaient affiché un drapeau, les gendarmes ont demandé « s’ils appartenaient à un groupuscule ». Ils ont relevé leur identité. Ailleurs, dans la ville, un cycliste qui arborait le drapeau multicolore a été interpellé par des policiers. Ce jeudi (26 mars 2009), un paisible habitant de Strasbourg s'est vu intimer l'ordre de retirer son drapeau sous peine de garde à vue.
Mais cela ne s’arrête pas aux visites d’appartements…..
Simon se promenait avec son bébé et sa compagne, et il a eu le malheur d’accrocher à son vélo le drapeau « pace – no to nato ». Suivi par un car de CRS, la petite famille s’est fait finalement contrôler par des policiers en civil. « On a eu l’ordre de contrôler toutes les personnes qui ont ces drapeaux, mais rassurez-vous on n’est pas en train de vous ficher » disaient les policiers à Simon.
Le vendredi 27 mars au soir, place du château juste à coté de la Cathédrale, Vanessa, Maria-Teresa, Diego et Jean-Charles qui sortaient d'une fête entre amis, avaient des drapeaux à leur dos ou dans le panier de leurs vélos. Ils se sont également fait contrôler. Impossible pour les policiers de dire qui leur avait donné l’ordre, mais en tout cas ils ont affirmé ne pas s’arrêter là!!
Au départ, l’intervention de gendarmes dans les appartements ne semblait pas scandaleux au regard du climat qui règne en ce moment à Strasbourg : ce qui est scandaleux, c’est que chaque citoyen ressente aujourd’hui un sentiment de culpabilité profond, qui l’incite à pratiquer l’autocensure au quotidien. Ce qui est scandaleux, c’est que les autorités cherchent à faire croire aux habitants de Strasbourg que les opposants au sommet de l’OTAN sont tous de dangereux casseurs qui vont semer la terreur dans la ville. Ce qui est scandaleux, c’est que plusieurs millions d’euros seront dépensés pour la sécurité du sommet de l’OTAN, alors que les organisations militantes peinent à regrouper l’argent nécessaire à faire entendre une autre voix.
Alors, aujourd’hui, il est plaisant d’entendre dans les rues de la capitale des Droits de l’Homme, des personnes clamer haut et fort « Je veux un drapeau de la paix ! », « Mais ça n’est pas un crime, tout de même ! ».
par Drapeaux de la Paix, 28 mars 2009
La ville sera une vraie place forte pour l'Otan
20 Minutes le 27.03.09
Sous réserve d'énièmes modifications, la ville a annoncé hier que des perturbations supplémentaires étaient à attendre dans le cadre du sommet de l'Otan, le week-end prochain. En cause, notamment, un changement dans l'emploi du temps de Barack Obama. D'abord annoncée le vendredi après-midi, son arrivée pourrait être avancée au milieu de la matinée pour lui permettre de rencontrer Nicolas Sarkozy, dans un lieu non encore communiqué.
● Autoroute bloquée Afin de garantir la sécurité du cortège du président américain, le préfet pourrait ordonner la fermeture de l'autoroute entre Entzheim et Reichstett. Celle-ci devrait être effective entre 7 h et 8 h, le vendredi. La mesure sera maintenue soit jusqu'à 17 h, soit jusqu'au samedi soir.
● Pas de services à la CUS Les conditions de circulation étant perturbées dès le vendredi matin, la ville a annoncé hier « une journée neutralisée » des services municipaux et communautaires. Seules exceptions, des permanences de l'Etat civil et de l'accueil social seront assurées. Les agents de la sécurité, de la propreté et des ordures ménagères seront aussi mobilisés. Hier, la municipalité a de nouveau appelé le préfet à fermer l'ensemble des écoles de l'agglomération.
● Bus gratuits, mais bus réduits Les transports publics seront gratuits vendredi et samedi. Durant ces deux journées, les liaisons A et D du tramway seront assurées normalement. Les rames ne circuleront par contre qu'entre les stations Neuhof-Reuss et République, sur la ligne C, et les arrêts Lingolsheim-Tiergaertel et Homme-de-Fer, sur la B. Sur la ligne E, le trafic ne se fera qu'entre Baggersee et République. A noter également, si les trajets en tram ne seront pas modifiés le jeudi, à partir de 20 h 30, les stations Broglie, Lycée Kléber, Wacken et Parlement européen ne seront plus desservies. Du côté des bus, quatorze lignes seront perturbées durant le week-end, dont les n° 2, 4, 7 et 10. www.cts-strasbourg.fr
● Stationnement interdit dans un vaste périmètre Dans les zones sécurisées, soit dans une partie de l'ellipse insulaire (voir carte) et dans le secteur Wacken, seuls les riverains et professionnels munis de laissez-passer pourront circuler. Pour permettre aux habitants des périmètres de garer leurs véhicules, la ville va mettre à disposition 2 650 places de stationnement gratuites et gardées. Des tickets sont à récupérer à partir de ce matin à l'hôtel de ville, rue Brûlée. Les parkings Gutenberg et Printemps fermeront le jeudi à 20 h, tandis que celui de Rives de l'Aar sera inaccessible dès mercredi soir. Ils devraient rouvrir dimanche, à midi. www.strasbourg.eu
Philippe Wendling
La ville de Strasbourg transformée en bunker pour le sommet de l'OTAN
Le programme1er avril. Grande parade de clowns anti-militaristes contre "le cirque sécuritaire"
3 avril. Ouverture du sommet de l'OTAN au palais des congrès à Strasbourg et dîner officiel au Kurhaus Casino de Baden-Baden. Contre-sommet, jusqu'au dimanche 5 avril, avec ateliers.
4 avril. A 6 heures, les autonomes entrent en action. A 15 heures, manifestation des anti-OTAN au Jardin des Deux-Rives. Fin du sommet.
LE MONDE 27.03.09 - Les barrières Vauban ont disparu de Paris, et pris le chemin de Strasbourg. Cinq mille barrières métalliques, soit 50 % du stock, ont été prêtées par la préfecture de police pour la protection du Sommet de l'OTAN prévu les 3 et 4 avril, dans la capitale alsacienne. Vingt-huit chefs de l'Etat y sont attendus, dont le président des Etats-Unis Barack Obama. Mais aussi 40 000 à 60 000 manifestants associatifs, politiques et radicaux.
Jamais, pour l'organisation d'un grand événement, le dispositif de sécurité n'avait atteint ces proportions. Depuis le 20 mars, et jusqu'au 5 avril, la France, pour ce 60e anniversaire de l'Alliance atlantique, est sortie de l'espace Schengen et le contrôle aux frontières a été réintroduit. Au total, 11 000 policiers et gendarmes vont être déployés à Strasbourg, dont 85 unités mobiles de maintien de l'ordre - 45 compagnies de CRS sur la soixantaine que compte la métropole et 40 unités de gendarmes, dont certaines rappelées de Guadeloupe -, des effectifs du renseignement, de la police judiciaire, des brigades fluviales, des laboratoires de police scientifique ambulants. Batteries anti-aériennes, murs anti-émeutes, blindés sont prévus. Il y aura même la Garde républicaine avec 75 chevaux ! Trois PC de sécurité seront mis en place.
Le dispositif devrait être confirmé par la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, sur place, lundi 30 mars. Par comparaison, le 60e anniversaire du débarquement en Normandie en 2004, en présence de nombreux chefs d'Etat et de la reine d'Angleterre, avait mobilisé 65 unités mobiles. Le G8 d'Evian en 2003, 60. "La venue d'Obama fait flipper tout le monde", remarque un responsable policier. Les Allemands, co-organisateurs du sommet à Kehl et Baden-Baden, ne sont pas en reste : ils ont annoncé une mobilisation de 14 000 policiers. Certains, d'ailleurs, travailleront sur le territoire français dans le cadre des accords de coopération.
Strasbourg est déjà sur le pied de guerre. Aucun accord n'a encore été trouvé pour le trajet de la manifestation des anti-OTAN. Le village, lieu de rendez-vous traditionnel des altermondialistes où sont attendues 6 000 personnes, a eu toutes les peines à trouver sa place, au sud de la ville. La préfecture avait demandé 20 000 euros de caution aux organisateurs...
Deux zones, rouge et orange, ont été délimitées dans le centre-ville où la circulation sera très réduite. Chaque résident, ou commerçant, devra se munir d'un badge. La police a prévu d'en distribuer 44 000. Les autoroutes A350 et A35 seront bloquées. Treize établissements scolaires vont être fermés, ainsi que 25 terrains sportifs. La collecte des déchets sera modifiée, les marchés annulés, les plaques d'égout scellées !
Un climat de guérilla s'est installé. Déjà, les drapeaux de "l'ennemi" ont été arrachés : les étendards arc-en-ciel des anti-OTAN ont été retirés par la police des balcons. "Je trouve inacceptable que l'on cherche à brider la libre expression des habitants", proteste le maire (PS), Rolan Ries, relayé sur ce point du PCF au MoDem.
Sans parcours officiel encore, la manifestation organisée côté français, avec tout ce que la gauche compte d'associations et de partis politiques, devrait partir du jardin des Deux-Rives. Le cortège allemand, lui, projetait de la rejoindre sur le pont de l'Europe. Voilà pour la partie "officielle". Pour l'officieux, une coordination anti-OTAN, rassemblant la mouvance anarchiste, libertaire et autonome (Fédération anarchiste, Confédération nationale du travail, Alternative libertaire, No Pasaran, Scalp...) se concerte depuis des mois : organisation de stages de désobéissance civile, répétition grandeur nature "d'actions directes non violentes". Une équipe médicale et un bataillon d'avocats (la "legal team") sont déjà mobilisés. Et des conseils fusent : "Apprends à reconnaître les différents types de flics... Ecris-toi sur le bras le numéro de la legal team... Evite de prendre ton téléphone plein de contacts - merci pour les camarades..." La consigne finale est passée sur Internet : "risque légal faible (...) risque de garde à vue haut."
"On a bien compris que le gouvernement voulait jouer la confrontation physique, on utilisera d'autres armes", dit un militant. Dix à vingt actions de blocage sont envisagées avec l'espoir de pénétrer dans les zones interdites. "Ça va être beaucoup improvisé par des petits groupes selon la théorie du chaos", annonce Xavier Renou, du mouvement des Désobéissants. La police s'attend à tout. Certains responsables ont même évoqué de folles actions telles que la coloration symbolique du Rhin...
Isabelle Mandraud et Sylvia Zappi - Article paru dans l'édition du 28.03.09.
Liberté de s’organiser et harcèlement policier…
Publié par Coordination anti-OTAN
La coordination anti Otan Strasbourg s’indigne devant la volonté des forces de l’ordre de criminaliser les habitants du Village autogéré qui se tient à la Ganzau. De nombreux contrôles d’identité se sont produits sur le site du village, par les mêmes agents de police, dans une période où les premiers contacts avec les riverains sont pourtant riches d'échanges.
Jeudi 26 : Des agents de police contrôlent les premiers habitants du village et expliquent que c'est la nouvelle ligne de conduite de la préfecture, de contrôler tous les gens qui préparent le village jusqu'à son démarrage.
Vendredi 27: Ces mêmes agents de police reviennent faire de nouveaux contrôles.
Après plusieurs demandes d’explications auprès de la préfecture, on nous informe vendredi qu'il ne s'agirait que de policiers trop zélés.
Dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28, un nouveau contrôle a été effectué aux abords du village par des policiers cherchant manifestement à ficher les participants et participantes au village alternatif.
Plusieurs questions inquiétantes sont posées :
- Les autorités sont elles en capacité à ce jour de contrôler leurs effectifs ?
- Les contrôles systématiques et collectifs ne pouvant être réalisés que sur ordre d’un procureur, il faut se demander si un tel ordre a été donné ou s’il s’agit d’initiatives illégales des policiers ?
- S’agit-il d’une stratégie délibérée de harcèlement visant à aggraver encore le climat de tension ?
La coordination anti-Otan demande que ces pratiques dignes des systèmes totalitaires cessent afin que le village puisse se faire au sein d’une ville qui témoignera ainsi de son respect des droits humains et du droit à s’opposer, dans une démocratie qui se dit participative.
Harcèlement policier : l'escaladePublié par Coordination anti-OTAN
Depuis quatre jours les habitants et habitantes du Village anti-Otan de la Ganzau sont victimes du harcèlement policier qui se traduit par :
* des contrôles d'identité des habitants et habitantes ;
* de survol, de nuit et en stationnaire, d'hélicoptères équipés de projecteur surpuissants ;
* des intrusions de police en voitures banalisées à l'intérieur même du Village ;
* des tentatives de fichage photographique des habitants et habitantes.Lundi après midi, une réunion entre les autorités et les anti-Otan a été l'occasion de rappeler fermement les engagements pris par les autorités préfectorales: éviter toute provocation policière !
Monsieur Hartmann, directeur adjoint de la Direction départementale de la Sécurité Publique a affirmé qu'aucune directive particulière n'avait été donnée pour harceler le Village. Il semble donc que l'Etat ne tienne pas ses troupes !
Espérons que les autorités changent d'attitude en permettant à la contestation de s'exprimer sans risque de dérapage des forces militaro-policières.
Alors même que les contacts avec les riverainEs du Village s'établissent dans la convivialité, que les drapeaux hostiles à l'Otan apparaissent aux fenêtres de ces derniers, l'acharnement militaro-policier contre le Village nous rappelle une fois de plus que l'intimidation et la répression sont les seules réponses de l'Etat à la contestation sociale et politique.
Ni intimidation Ni répression n'arrêteront nos rebellions !
Tous à Strasbourg contre l'OTAN
1er au 5 avril : Tous à Strasbourg
Des moyens de transport sont
organisés depuis toute la France :
réservez votre trajet maintenant ou
cherchez un covoiturage sur le forumL'ultime réunion du Collectif international de coordination du contre Sommet de l'Otan s'est achevée mardi 24 mars sur une note optimiste. Le Village autogéré (1er au 5 avril), la Conférence internationale (3 et 5 avril) et la manifestation précédée d'un grand meeting se préparent activement. Des cars sont annoncés d'aussi loin que la Finlande, la Pologne, la Russie, mais aussi de Grèce, de Turquie ou d'Espagne, de Grande Bretagne, de Belgique ou d'Italie, des trains sont annoncés d'Allemagne, de France et de Grande Bretagne ainsi que des délégations du Canada et des Etats-Unis, d'Afghanistan et du Japon.
Partout se développe la mobilisation pour dénoncer la vieille alliance atlantique et sa guerre de civilisation. « C'est la première fois depuis les manifestations contre l'Irak du 15 février 2003 que nous assistons à une telle mobilisation des forces de paix » constate Arielle Denis, une des animatrices du Collectif international et co-présidente du Mouvement de la Paix.
Seule ombre au tableau, l'attitude inadmissible des autorités françaises et allemandes qui mettent Strasbourg et Kehl en état de siège. Le délire sécuritaire n'a plus de borne, dénonce le Mouvement de la Paix : « les habitants des "Zones rouges" sont fichés et badgés. La cathédrale, les musées, le lycée et 114 établissements scolaires seront fermés.
L’Université, évacuée de force par la police, ne réouvrira que le 6 avril. Dans le centre ville, les transports publics seront stoppés. Partout on renonce à travailler ces jours- là et les journaux "conseillent " de quitter la ville. On bouclera le centre ville avec 30 km de barrières et 60 hélicoptères surveilleront Strasbourg ainsi qu'un ballon dirigeable ! »
Strasbourg en Village Potemkine : l'Otan démasqué
Les drapeaux PACE qui décoraient les façades ont été l'objet d’irruption des forces de l’ordre chez les habitants pour les prier de les enlever. Pour Christian Grosse du collectif anti-Otan de Strasbourg qui a rendu public l’affaire des drapeaux « les gens ont l'impression que toute la ville est prise en otage et qu'il faut se plier à des exigences délirantes ».
Pour Arielle Denis « le Président Nicolas Sarkozy est en train de réinventer Strasbourg en village Potemkine : un vrai village musée, sans travailleurs et sans activité et bien sûr pas un souffle de contestation ne doit gâcher la fête, cachez ses drapeaux et ses manifestants ! »
Le trajet de la manifestation reste en discussion « Nous négocierons jusqu'au dernier moment un parcours plus acceptable. C’est notre nombre qui sera déterminant ! » a-t-elle rappelé, ajoutant « je suis indignée également par le coût de ce délire sécuritaire, les autorités allemandes ont lâché un chiffre 110 millions d'euros rien que pour la sécurité du Sommet, soit l'équivalent de la somme nécessaire à éradiquer la malaria, quel gâchis. De quoi ont-ils peur ? ».Le Collectif international a demandé à être reçu par le Président Obama, dont c'est la première visite en France et en Allemagne.
Samedi 4 avril, les manifestants ont rendez-vous à 13h au Pont de l'Europe, -que les autorités viennent d'accorder au terme de deux mois de luttes-. Un podium, installé dans le Jardin des Deux Rives, accueillera un grand meeting avec musique et discours qui commencera dès l'arrivée des cortèges venant d'Allemagne. Ensuite partira la manifestation internationale pour laquelle de nombreuses personnalités ont annoncé leur participation. «Un message de paix que nous enverrons au peuple du monde, loin des images bunkérisées de ce triste sommet marquant le 60ème anniversaire d’une alliance militaire surannée».
Saint-Ouen, le 27 mars 2009
Contacts : Arielle Denis : 06 87 14 89 33
et catherine.riomvtpaix.org : 06 08 27 99 72
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Agréé Association Nationale de la Jeunesse et d’Education Populaire
Russie/USA: Obama défend le droit de l'Otan à s'étendre
Washington 25/03/2009 - Agence. Le président américain Barack Obama a affirmé jeudi sa volonté de relancer les relations avec la Russie, mais a aussi défendu le droit de l'Otan à s'étendre, un motif de crispation pour Moscou.
"Mon gouvernement cherche à remettre à zéro les relations avec la Russie", a dit M. Obama à l'occasion d'entretiens avec le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jaap de Hoop Scheffer à la Maison Blanche.
Mais il veut le faire d'une manière "cohérente avec la nécessité d'adresser à toute l'Europe le message clair disant que nous continuerons à nous en tenir à cette conviction centrale selon laquelle les pays qui veulent et qui aspirent à rejoindre l'Otan doivent être en mesure de rejoindre l'Otan", a-t-il dit à l'issue de ces discussions préparatoires au sommet de l'Alliance atlantique début avril sur la frontière franco-allemande.
M. Obama n'a pas cité de pays en particulier. Le soutien des Etats-Unis sous son prédécesseur George W. Bush aux aspirations de la Géorgie et de l'Ukraine à faire partie de l'Alliance a été l'un des grands motifs de tension entre la Russie d'une part, les Etats-Unis et l'Otan d'autre part.
M. de Hoop Scheffer a lui aussi défendu le droit de l'Otan à s'élargir, alors que les pressions exercées par la Russie font craindre qu'elle n'influence directement les décisions d'une Alliance à laquelle elle n'appartient pas.
"La porte de l'Otan restera ouverte à de nouveaux membres (...) s'ils remplissent les critères" d'adhésion, a dit M. de Hoop Scheffer.
Avec la Russie, "il y a beaucoup de choses sur lesquelles nous ne sommes pas d'accord, mais l'Otan a besoin de la Russie et la Russie a besoin de l'Otan", a-t-il dit, appelant à un renforcement de la coopération.
Depuis son entrée en fonctions, le gouvernement Obama dit sa volonté de "remettre à zéro" les relations avec le gouvernement russe.
M. Obama recevait M. de Hoop Scheffer quelques jours avant de faire sa grande entrée sur la scène internationale à la faveur de plusieurs sommets en Europe, dont celui de l'Otan.
L'un des grands sujets du sommet devrait être l'Afghanistan, où les Etats-Unis et l'Otan sont engagés côte-à-côte contre une insurrection revigorée depuis deux ans.
M. Obama devrait rendre publique très prochainement une nouvelle stratégie pour ce pays, intégrant aussi son voisin pakistanais.
"Evidemment, nous attendons les résultats de ce réexamen (de la stratégie antérieure) en cours aux Etats-Unis, qui concerne fortement les autres alliés, qui concerne fortement l'Otan", a dit M. de Hoop Scheffer.
M. Obama a évoqué "d'étroites consultations" avec les alliés des Etats-Unis, mais n'a pas dit quand cette stratégie serait divulguée.
LE MONDE 2 - 27.03.09 - Obama est un ingrat. Voilà des mois que Nicolas Sarkozy, histoire de plaire à son "copain" Barack, mitonne son plan de réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, et que fait le président américain ? Il ne trouve rien de plus urgent que d'écrire une belle lettre à… Jacques Chirac. Le genre de courrier dont aurait rêvé Nicolas Sarkozy. Il l'aurait exhibé un peu partout lors des sommets internationaux : "Regardez la belle lettre que mon pote Barack vient de m'adresser, si si, lisez…" Mais non, comme l'a révélé Le Figaro, c'est Jacques Chirac, celui que Nicolas Sarkozy surnomme le "roi fainéant", qui a reçu ce mot doux : "Je suis certain que nous pourrons au cours des quatre années à venir collaborer ensemble dans un esprit de paix et d'amitié afin de construire un monde plus sûr." Un courrier, qualifié de "très sympathique" par Jacques Chirac, rendu public au lendemain du vote du Parlement sur l'OTAN.
Qu'a donc voulu signifier le président américain en adressant cette lettre, de celles que l'on s'adresse habituellement de président en exercice à président en exercice ? La formulation est inhabituelle s'il s'agit simplement de rendre hommage à l'action diplomatique de Jacques Chirac, en particulier au moment de la guerre en Irak. Inutile bien sûr d'envisager des hypothèses vexatoires à l'encontre de Nicolas Sarkozy. Entre " grands " de ce monde, cela ne se fait guère. Non, faute d'en savoir davantage, considérons simplement que Barack Obama a une réelle estime pour l'ancien président français et qu'il entend l'aider dans la mise en œuvre des actions de la Fondation qu'il préside.
Concernant Nicolas Sarkozy, Barack Obama attend sagement de voir. Il n'a sûrement guère oublié les vacances américaines du président français, son envie irrépressible de s'afficher avec son ami George W. ; il connaît le tempérament versatile du chef de l'Etat français, un coup encensant Gordon Brown pour mieux critiquer Angela Merkel, un coup stigmatisant l'Angleterre pour aussitôt tresser des couronnes à sa chère Angela. Pour ne rien dire de ce qu'ont pu lui confier les dirigeants chinois, excédés des rodomontades " dalaï-lamaesques " du président français.
Barack Obama n'est pas le seul dirigeant politique à complimenter – regretter ? – Jacques Chirac. On demanderait aujourd'hui, dans le secret du confessionnal, aux ministres de Nicolas Sarkozy combien d'entre eux regrettent l'ancien président, sa manière de les entourer et de les encourager, on serait surpris du nombre des nostalgiques. Les "zombies de la République", ainsi Le Point qualifie-t-il aujourd'hui les membres du gouvernement Fillon, n'en peuvent mais des tocades présidentielles. D'ailleurs, peut-être leur arrive-t-il à eux aussi, de temps à autre, d'écrire à Jacques Chirac…
Les ministres comme les Français sont oublieux. Giscard et Mitterrand ont également bénéficié d'un retour en grâce tardif mais, avec Chirac, le phénomène est d'autant plus massif – on a pu le mesurer lors du vingtième anniversaire des Guignols de Canal+ – que l'actuel chef de l'Etat fait l'objet d'un rejet sans précédent. A mesure qu'il " hystérise " l'opinion contre lui, la popularité de son prédécesseur s'accroît. Oublié " Supermenteur ", oubliés les us et coutumes de la chiraquie, voici maintenant Chirac transformé en père de la nation !
Franck NouchiLire aussi ce commentaire : Je n'ai rien à dire et alors
Barack Obama a écrit à Jacques Chirac
19/03/2009 - Le président américain vient d'adresser une lettre «très sympathique » à Jacques Chirac, selon l'expression de ce dernier. «Je suis certain que nous pourrons au cours des quatre années à venir collaborer ensemble dans un esprit de paix et d'amitié afin de construire un monde plus sûr» , écrit le successeur de George W. Bush au prédécesseur de Nicolas Sarkozy. En évoquant le mot de « paix», Obama rend un hommage implicite à l'action de l'ancien président français qui s'était opposé à la guerre en Irak. Une intervention américaine contre laquelle le futur président américain s'était opposé comme sénateur, lors du vote au Congrès.Source : les confidentiels du Figaro
Collectivités aux couleurs de la paix !
A dix jours de grands rassemblements pacifistes à Strasbourg et Kehl, pour dire « non à l’OTAN » qui célèbre son soixantième anniversaire, l’Anecr tient à apporter tout son soutien aux organisations françaises et européennes à l’origine de ces manifestations pour une Europe de paix et de coopération.
Alors que l’Union européenne s’est construite sur un idéal de paix, l’OTAN porte la guerre et la confrontation d’un autre âge. Pour que les coopérations et la force de la politique l’emportent sur le recours à la force, les élus communistes, républicains, progressistes se prononcent pour une Europe œuvrant à des partenariats avec les autres continents, particulièrement la Méditerranée, pour la réduction des dépenses militaires et l’abolition des armes nucléaires. Ils agissent pour que la France s’engage activement en ce sens.
Pour marquer le soutien à cette marche de la paix du samedi 4 avril à Strasbourg et à Kehl, l’Anecr appelle les élus qui se reconnaissent dans les valeurs de paix et de solidarité à pavoiser les bâtiments publics, les mairies, les sièges des assemblées départementales et régionales du drapeau multicolore PAIX.
Communiqué de l'ANECR, Montreuil, le 25 mars 2009
A Strasbourg, l'Otan, tu l'aimes ou ... tu enlèves ton drapeau
Les Strasbourgeois priés de décrocher leur drapeau
"Non à l'Otan" avant le sommet de l'organisationPar LEXPRESS.fr, publié le 24/03/2009
Avant le sommet de l'Otan qui aura lieu dans la capitale alsacienne, des policiers ont exigé de certains Strasbourgeois qu'ils retirent des drapeaux marquant leur opposition à l'organisation militaire. Une mesure parfaitement illégale qui déclenche une polémique.
A quelques jours du sommet de l'Otan à Strasbourg, il n'est pas question d'arborer un drapeau faisant mention de son opposition à l'organisation nord-atlantique. Et les policiers font le tour de Strasbourg pour s'en assurer. Certains Strasbourgeois ont ainsi reçu la visite de policiers leur demandant d'enlever de leurs fenêtres des drapeaux pacifistes.
"Scandaleux et intolérable", selon Daniel-Cohn Bendit, coprésident des Verts au Parlement européen. Atteinte injustifiée à la liberté d'expression, selon le président du Mouvement Démocrate (MoDem) François Bayrou.
"Parfaitement illégal", selon Patrick Wachsmann, professeur de droit public à l'Université de Strasbourg, auteur d'un ouvrage sur les libertés publiques, publié chez Dalloz.
Dans un communiqué, la préfecture du Bas-Rhin a déclaré lundi soir qu'elle n'avait "absolument pas donné de consignes aux policiers pour le retrait" des bannières aux fenêtres de particuliers.
Pourtant ces derniers jours, la police a obligé plusieurs Strasbourgeois à retirer de leurs balcons le drapeau de la paix aux couleurs arc-en-ciel avec la mention "No to Nato" (Non à l'Otan), alors que les mesures de sécurité se font de plus en plus draconiennes dans la ville, avant le sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril.
Le Strasbourgeois Christian Grosse a ainsi dit à l'AFP que des policiers s'étaient rendus à son domicile, au début de la semaine dernière, en expliquant avoir reçu l'ordre de demander aux gens d'enlever les drapeaux.
"C'est mon fils qui les a reçus. Ils lui ont dit : 'soit vous le retirez, soit on le retire' ", a-t-il raconté. Le jeune homme a obtempéré, "mais j'ai raccroché le drapeau dès le lendemain", a poursuivi ce Strasbourgeois qui est aussi membre du secrétariat de la Fédération du parti communiste du Bas-Rhin.
De stricts contrôles pour rentrer chez soi
Selon M. Grosse, "plusieurs autres personnes ont reçu la visite de la police à cause de leur drapeau".
Citant le cas de "notre camarade Christian Grosse", la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a lancé un appel pour "accrocher notre drapeau" partout en France.
Le juriste Patrick Wachsmann trouve même illégales les mesures qui limitent la liberté d'aller et venir dans les "zones rouges" instaurées à Strasbourg pour le sommet de l'Otan.
"N'importe quel Strasbourgeois" pourrait attaquer devant le tribunal administratif la légalité de ces mesures qui imposent aux habitants d'être badgés et contrôlés pour rentrer chez eux, selon lui.
Le sommet de l'Otan se tiendra à Strasbourg et dans les villes allemandes voisines de Kehl et Baden-Baden, en présence notamment du président américain Barack Obama. Sont aussi attendus pour un contre-sommet entre 30 000 et 60 000 manifestants de quelque 500 collectifs de 23 pays.
Retraits de drapeaux anti-Otan: vives protestations de citoyens et d'élus
24 mars 2009 Yahoo infos - Thérèse JAUFFRET - Les visites de policiers demandant aux Strasbourgeois d'enlever de leurs fenêtres des drapeaux pacifistes provoquent de vives protestations de citoyens et d'élus qui s'inquiètent d'"atteintes aux libertés publiques", quelques jours avant le sommet de l'Otan.
(...) "A l'évidence, le Gouvernement aimerait transformer la capitale alsacienne en un véritable bunker, en une ville forteresse ou il serait interdit de pavoiser", a accusé [ Marie-George Buffet ].
Pour le juriste Patrick Wachsmann, "ces faits sont choquants et constituent une dérive un peu curieuse", car il n'existe aucun texte pénal qui interdit d'accrocher un drapeau à ses fenêtres.
"Si l'autorité administrative procédait à l'enlèvement forcé d'un de ces drapeaux en question, ça serait une voie de fait, c'est-à-dire une illégalité grossière qui serait justiciable par l'autorité judiciaire", affirme l'universitaire.
(...) Pour Daniel Cohn-Bendit, "c'est particulièrement ridicule".
"Même (Silvio) Berlusconi, lors du sommet (du G-8) de Gênes, n'avait pas interdit les draps qui pendaient dehors dans les rues à Gênes", a ironisé l'eurodéputé.
Quant au président du MoDem, il juge que "c'est un tort de ne pas respecter la libre expression pacifique". "Je ne vois pas en quoi cela gênait pour rappeler que tout le monde n'est pas d'accord en France avec l'Otan", a-t-il déclaré lundi lors d'un point de presse à Strasbourg.
Le sommet de l'Otan se tiendra à Strasbourg et dans les villes allemandes voisines de Kehl et Baden-Baden, en présence notamment du président américain Barack Obama. Sont aussi attendus pour un contre-sommet entre 30.000 et 60.000 manifestants de quelque 500 collectifs de 23 pays.
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Un terrain de mésentente entre autorités et anti-Otan
20 Minutes 19.03.09 - Toujours pas d'accord. Le protocole d'utilisation du terrain de la Ganzau ne tiendrait pas compte de leurs attentes, ont déploré hier les membres de la Coordination anti-Otan. Etabli par la préfecture, il porte sur l'organisation d'un village autogéré pouvant accueillir jusqu'à 10 000 personnes, en marge du sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril. Problème, le document ne serait pas conforme à des accords passés oralement avec les autorités. « On nous demande une caution de 20 000 euros, explique Renaud, membre du collectif. Or, lors de réunions, il avait été pris acte que nous ne pouvions pas régler une telle somme. » Autre grief : les quantités de paille demandées pour viabiliser le site n'auraient pas été respectées, tout comme les besoins en alimentation électrique. « Il s'agit d'une manoeuvre pour nous désorganiser, estime Renaud. Mais les gens viendront quand même et, s'il le faut, squatteront d'autres lieux. » Contactée, la préfecture n'a pas souhaité communiquer. P. W.
Bruxelles: 442 manifestants anti-OTAN interpellés
21 mars 2009 - La police a arrêté administrativement samedi 442 manifestants qui ont tenté de s'introduire depuis la matinée sur le site de l'OTAN, situé à la limite des communes d'Evere, Bruxelles (Haren) et Zaventem, dans le cadre d'une action de désobéissance civile non violente. Cette opération, baptisée 'Nato Game Over', était organisée par le Forum d'Action pour la Paix, dont fait partie l'association Bomspotting, à l'occasion des 60 ans de l'OTAN qui seront célébrés les 3 et 4 avril à Strasbourg (France) et Kehl (Allemagne). Selon la police, une seule personne a réussi à franchir une première clôture protégeant le site. Elle a été interpellée par la police avant qu'elle n'escalade la seconde grille. Un autre manifestant, qui tentait de franchir une clôture, s'est blessé à la main. Toutes les personnes interpellées ont été conduites dans les cellules du bâtiment 'Portalis', situé à proximité du Palais de Justice de Bruxelles. Aucun des manifestants n'a opposé de résistance lors des arrestations. Les premiers ont été libérés samedi en début de soirée.
Un périmètre de sécurité virtuel avait été mis en place à l'initiative des bourgmestres des trois communes concernées par la manifestation, permettant aux policiers d'y interpeller toute personne munie d'objets visant à faciliter l'escalade de grilles. Un important dispositif policier a été déployé samedi. Plus de 300 policiers se trouvaient sur place. Une quarantaine de chevaux policiers avec leurs cavaliers étaient également mobilisés. Des arroseuses étaient prêtes à entrer en action et l'hélicoptère de la police fédérale survolait le site de l'OTAN. Un peloton de policiers de la zone de Bruxelles-Ixelles se trouvait exceptionnellement à l'intérieur de l'enceinte du siège de l'Alliance. Les manifestants réclamaient essentiellement le désengagement des troupes de l'OTAN en Afghanistan et en Irak et le retrait immédiat des armes nucléaires de la Belgique.
Source : http://www.secoursrouge.orgVoir le sujet au journal télé de 19h du 21 mars sur RTL-tvi : http://video.rtlinfo.be
Voir le reportage photo sur indymedia : http://www.indymedia.be/fr/node/32285
Autres infos et photos : http://www.vredesactie.be/article.php?id=563
Les Strasbourgeois priés de retirer leurs drapeaux anti-Otan
NOUVELOBS.COM 21.03.2009
A quelques jours du sommet de l'Otan, la police a demandé à plusieurs habitants de Strasbourg de décrocher des fenêtres les drapeaux "Pace" et "No to Nato", aux couleurs de l'arc-en-ciel.
La police a demandé à plusieurs Strasbourgeois de retirer de leurs fenêtres ou balcons le drapeau de la paix aux couleurs arc-en-ciel avec la mention "No to Nato" (Non à l'Otan), à quelques jours du sommet de l'Otan qui se tiendra les 3 et 4 avril prochain, a-t-on appris samedi 21 mars.
"Des policiers sont venus en début de semaine chez moi, en expliquant qu'ils avaient reçu l'ordre de demander aux gens d'enlever ces drapeaux", a expliqué Christian Grosse, membre du secrétariat de la Fédération du parti communiste du Bas-Rhin. "C'est mon fils qui les a reçus. Ils lui ont dit : 'soit vous le retirez, soit on le retire'", a-t-il poursuivi, précisant que le jeune homme avait alors obtempéré. "Mais j'ai raccroché le drapeau dès le lendemain".400 drapeaux "anti-Otan"
Christian Grosse n'est pas un cas isolé: "Nous avons eu connaissance de plusieurs autres personnes qui ont reçu la visite de la police à cause de leur drapeau", a-t-il souligné. La préfecture se refusait samedi à tout commentaire à ce propos. La coordination anti-Otan de Strasbourg a distribué quelque 400 drapeaux arc-en-ciel semblables à ceux qui avaient fleuri en Europe à l'occasion de la guerre en Irak en 2003, portant les mentions "Pace" (Paix) et "No to Nato".
"A l'époque de l'Irak, il n'y avait eu aucun problème avec ces drapeaux", relève Christian Grosse. Mais ces nouvelles mesures s'inscrivent "dans un contexte plus général où les autorités cherchent à mettre des bâtons dans les roues des organisateurs du "contre-sommet" de l'Otan", a-t-il estimé."Problème de démocratie"
Dans une lettre au préfet, au directeur adjoint de la police nationale ainsi qu'au maire de la ville de Strasbourg Roland Ries (PS) et à son premier adjoint, le PCF a demandé à ce que ces intimidations cessent, a précisé Christian Grosse qui y voit "un problème de démocratie". Le sommet de l'Otan est prévu du 3 au 4 avril à Strasbourg et dans les villes allemandes voisines de Kehl et Baden-Baden.
Outre les vingt-six chefs d'Etat et de gouvernement, dont le président américain Barack Obama, sont aussi attendus pour un contre-sommet entre 30.000 et 60.000 manifestants de quelque 500 collectifs de 23 pays.
Une vidéo appelant à la manifestation, concoctée par l'artiste des Bouches du Rhône Jean-Michel Perez (durée : 1mn11s)
France-Otan: du divorce au remariage
A. D. - Le Figaro 20/03/2009
Député de Paris, professeur de géopolitique, Pierre Lellouche est le représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan. Son analyse sur la réintégration de la France dans l'Otan prend ainsi une tonalité particulière. Il souligne que notre pays en était «sorti en pleine guerre froide, alors que l'Alliance était au comble de son utilité» et que nous y rentrons «alors même que cette Alliance se cherche désespérément un ennemi». En expliquant clairement le « divorce » voulu par De Gaulle en 1966, puis le rapprochement par étapes, il observe que la France était « pacsée » avec l'Otan. Pour lui, le remariage, dans une logique de défense européenne, n'en est que plus légitime.
OTAN, les signes dangereux de Nicolas Sarkozy
Débat à l’Assemblée nationale mardi sur le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan. Entretien avec Arielle Denis, coprésidente du Mouvement de la paix, et animatrice de la campagne du Collectif OTAN-Afghanistan.
Comment réagit le Mouvement de la paix aux festivités pour le soixantième anniversaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique-Nord (OTAN) et à la décision de Nicolas Sarkozy de faire que la France intègre son commandement intégré ?
Arielle Denis. Il y a presque un an que le président de la République a évoqué la possibilité d’un retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. L’intégration dans l’alliance atlantique n’est pas nouvelle. La France est un gros contributeur. Elle pourvoit à 6°% du budget de l’organisation. Et sa présence est importante lors des interventions militaires.
L’intégration est le signe politique d’une volonté déterminée, idéologique. Premièrement, la France souhaite s’aligner dans ce que Nicolas Sarkozy appelle la famille occidentale. C’est-à-dire formaliser l’appartenance à un camp. Deuxièmement, l’organisation d’un sommet de l’OTAN à un moment où la question de la dynamique européenne est en débat, avec le traité de Lisbonne n’est pas anodine. Il s’agit d’ancrer l’Union européenne (UE) dans l’alliance atlantique.
On a là deux signes extrêmement dangereux à l’égard du reste du monde. Et cela obère les nouvelles chances d’un développement du multilatéralisme avec la défaite des néoconservateurs aux États-Unis. Avec l’élargissement tous azimuts, on a une volonté de moins en moins camouflée de substitution de l’OTAN à l’Organisation des nations unies (ONU). L’OTAN bras armé de la mondialisation et des grandes puissances deviendra le lieu où se décide la sécurité du monde.
En préparation à la manifestation du 4 avril à Strasbourg, contre la tenue dans la ville d’un sommet de l’OTAN, vous avez lancé un cycle de réunions publiques. Qu’en ressort-il ?
Arielle Denis. Avec le collectif d’organisations contre l’OTAN, nous nous sommes rendus compte que l’information était très partielle dans la population. Il y a nécessité d’un débat autour de l’OTAN et des questions de sécurité. Ils sont organisés par des collectifs locaux. Plus la campagne se développe, plus il y a de monde.
Alors que se discute à l’Assemblée la participation de la France au commandement intégré de l’OTAN, nous avons lancé une campagne de cyberlettres aux députés. Et un rassemblement se tiendra aujourd’hui à 14.30h. Nous serons reçus par tous les groupes politiques. Nous ferons pression pour que ce débat aille jusqu’à la censure du gouvernement.
Comment interprétez-vous le fait que ce soit un débat sur la politique étrangère de la France, et non précisément sur l’intégration plus poussée dans l’OTAN ?
Arielle Denis. Ce débat fait peur au président. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy nous a mis des bâtons dans les roues pour l’organisation d’un contre-sommet à Strasbourg le 4 avril. Des millions d’euros ont été dépensés, des caméras installées, des arbres coupés pour assurer la sécurité. Des lieux publics seront fermés et 40.000 soldats déployés. Mais avec plus de 500 organisations, nous avons la volonté de manifester dans Strasbourg. Il y aura beaucoup d’Allemands. Un TGV sera affrété de Londres, deux avions de Grèce. Les Kurdes, les Turcs, les Autrichiens, les Belges seront présents. Il y aura des Afghans et des Pakistanais, le Mouvement de la paix états-unien. Et des manifestations se tiendront à Istanbul et Washington.
L'Humanité 18 Mars 2009 - Entretien réalisé par Gaël De Santis
Village alternatif : la préfecture organise le chaos
A deux semaines du sommet de l’OTAN, la préfecture revient sur ses engagements concernant l’établissement du village alternatif à la Ganzau. Elle impose un protocole d’accord sur l’utilisation du terrain en lieu et place d’une simple charte de bonne utilisation initialement discutée. Les conditions de ce protocole sont inacceptables par rapport à ce qui a été négocié depuis trois mois :
- La quantité de matériaux (paille et planches) prévue pour la viabilisation largement revue à la baisse,
- Les installations électriques (promises mardi 10 Mars et discutées avec EDS) réduites aux abords du terrain, etcAlors que nos propositions écologiques et peu onéreuses – comparativement aux millions d’euros dépensés pour accueillir quelques heures une trentaine de chefs d’état – sont remises en question, l’accueil des milliers d’habitants et habitantes du village est largement compromis. Les autorités préfectorales s’entêtent à nier la démarche politique du village alternatif en cantonnant cette manifestation dans un protocole destiné aux grands événements sportifs et culturels.
À quinze jours de l’ouverture annoncée du village alternatif, ces nouvelles exigences préfectorales sont le signe d’une volonté manifeste de désorganiser et compromettre l’existence du village ainsi que l’expression démocratique de la contestation. Dès lors ne pouvant plus garantir un accueil décent, la coordination Anti-OTAN Strasbourg et le collectif Résistance des Deux Rives se dégagent de toutes responsabilités quant aux perturbations inhérentes à l’installation de plusieurs milliers de personnes sur divers terrains de la CUS. La responsabilité des désordres annoncés lors du contre sommet reviendra à la préfecture.
Coordination anti-OTAN Strasbourg, communiqué du 18 mars 2009
Deux poids deux mesures
Accrocher à son balcon un drapeau « PACE » (PAIX) est-il un nouveau délit ou la manifestation d'un droit d'expression ?
2003 : les USA et leurs alliés déclarent la guerre à l'Irak, la France ne fait pas partie du commandement intégré de l'OTAN.
Des drapeaux arc en ciel « PACE » apparaissent alors aux fenêtres et balcons des immeubles pour protester contre cette guerre.
2009 : la France, sur l'initiative de son président, réintègre le commandement intégré de l'OTAN.
Des drapeaux « PACE No To NATO » apparaissent aux fenêtres pour exprimer le refus de cette réintégration, mais cette fois ci, la Police passe chez les citoyens pour les faire retirer !
La liberté d'expression pour un message de paix n'a t-elle (déjà) plus droit de cité ?
S'agit-il déjà d'une conséquence visible de la réintégration de la France dans le commandement de l'OTAN ?
Le Parti Communiste du Bas Rhin demande des explications sur cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression(s) et de contestation(s) des citoyens de Strasbourg dans le cadre du sommet de l'OTAN.Strasbourg le 18/03/2009
Fédération du Bas-Rhin du Parti communiste françaisStrasbourg en état d'urgence ?
En prévision du Sommet des 60 ans de l' Alliance atlantique, des habitants de Strasbourg, opposés à l' OTAN et à la réintégration de la France dans son commandement militaire, ont accroché à leur fenêtre le maintenant célèbre drapeau arc en ciel, non à l' OTAN, «PACE» ou «PAIX» en français. La police passe chez ces citoyens pour les faire retirer! Mais en plus, il est question de réquisitionner certaines fenêtres pour y poster des tireurs d'élite pendant la tenue du Sommet. Des arbres auraient été coupés pour dégager les angles de tir nécessaires. Ces mesures consternantes viennent s'ajouter aux entraves mises à l'organisation de la manifestation internationale anti-OTAN, et pour la paix, du 4 avril.
L'atteinte à la liberté d'expression est inacceptable. A-t-on encore le droit, en France, d'exprimer une opinion contraire à celle du Président de la République? Et Strasbourg est-elle mise en état d'urgence? A-t-on le droit de manifester pacifiquement? Mépris des libertés et militarisme, voilà le vrai visage de l' OTAN.
Parti communiste français
Paris, le 18 mars 2009
Feu vert des députés au plein retour de la France dans l'Otan
Reuters 17 mars 2009 - Les députés ont donné leur feu vert au retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan en accordant la confiance au gouvernement de François Fillon, qui a fustigé le manque d'"audace stratégique" de l'opposition.
Lors d'un vote sans suspense, l'Assemblée nationale a voté la confiance par 329 voix contre 238. Les socialistes, les communistes et les Verts ont voté contre.
Pour la deuxième fois depuis sa nomination à Matignon, François Fillon avait décidé d'engager la responsabilité du gouvernement, en vertu de l'article 49.1 de la Constitution, sur une déclaration de politique étrangère.
Il a justifié la décision de Nicolas Sarkozy de normaliser les relations avec l'Alliance atlantique par les évolutions géopolitiques et a opposé aux critiques le danger "de sacraliser le statu quo" hérité du gaullisme.
Le Premier ministre a assuré que l'indépendance diplomatique de la France demeurait intacte et qu'elle restait "fidèle mais insoumise" aux Etats-Unis.
Laurent Fabius, au nom des socialistes, a invoqué la figure du général de Gaulle pour reprocher au gouvernement son adhésion à "la logique des blocs" au coeur d'un monde multipolaire.
"Vous nous dites qu'il n'y a aucun risque. Nous pensons qu'il y en a. Vous nous dites qu'il y aura autant d'indépendance et ce sera plus d'influence. Nous vous mettons en garde : nous pensons que ce sera vraisemblablement moins d'indépendance et en tous cas moins d'influence", a dit l'ancien Premier ministre.
Dans une charge virulente, Noël Mamère, pour les Verts, a dénoncé "une mascarade" au mépris de la réforme constitutionnelle, "une manoeuvre vulgaire" orchestrée par Nicolas Sarkozy. Il a comparé l'Assemblée à "une serpillière sur laquelle il (le chef de l'Etat) essuie ses mocassins bouclés".
François Fillon a vivement rejeté les objections de la gauche, qui dénonce un coup porté à l'autonomie de la France, en raillant sa frilosité. La pique semblait viser tout autant les récalcitrants de la majorité, qui s'émeuvent, à l'instar de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, d'un "rétrécissement" diplomatique du pays.
Jean-François Copé, président du groupe UMP, avait invité ses députés à voter la confiance "sans aucun état d'âme".
SAISIR LE COURS DE L'HISTOIRE
Le chef du gouvernement a voulu en outre dissiper les inquiétudes sur l'avenir de l'Europe de la défense, qui pâtirait de l'omnipotence otanienne, en expliquant que "la dernière marche" franchie par Paris visait à "stopper ce jeu à somme nulle qui consister à monter l'Europe de la défense contre l'Otan" et vice versa.
"S'il est une leçon que nous devons retenir du général de Gaulle, c'est bien celle qui consiste à ne jamais regarder l'avenir avec les yeux du passé", a-t-il souligné lors d'un discours d'une quarantaine de minutes en prélude à un débat de près de quatre heures.
Salué dans les chancelleries occidentales, par contraste avec le vif débat intérieur, le retour de la France dans la structure militaire alliée, dont elle est absente depuis 1966 sur décision du général de Gaulle, sera officialisé lors des cérémonies du 60e anniversaire de l'Otan les 3 et 4 avril.
"En 1966, au paroxysme des tensions Est-Ouest, notre retrait de l'organisation constitua un choc. Mais en 2009, notre retour ne constitue qu'un ajustement qui, de fait, ne provoque aucun émoi dans le concert international", a relevé François Fillon.
Le Premier ministre s'est voulu rassurant sur les marges de manoeuvre françaises : "Nous conserverons l'indépendance de notre dissuasion nucléaire et notre liberté d'appréciation sur l'envoi de nos troupes".
"Nous sommes en mouvement, l'opposition est à l'arrêt. Nous regardons le monde, l'opposition s'observe. Nous tentons de saisir le cours de l'Histoire, l'opposition tente vainement de la freiner", a-t-il lancé en conclusion.
Le président du Mouvement Démocrate, François Bayrou, a déclaré dans les couloirs de l'Assemblée qu'il avait refusé la confiance au gouvernement "parce que c'est une décision qui tourne la page de presque un demi-siècle de fierté française".
Sophie Louet, avec Emile Picy et Laure Bretton, édité par Elizabeth Pineau
OTAN : le gouvernement "complètement à contre-courant", selon Fabius
LEMONDE.FR 17.03.09
Face à ce que le premier ministre, François Fillon, considère comme un "ajustement", l'opposition avait préparé ses arguments. Le Parti socialiste a fait appel à deux anciens premiers ministres, Lionel Jospin et Laurent Fabius, pour épauler Martine Aubry. Le premier a pris la parole dans la matinée, pour dénoncer la "rupture du consensus gauche-droite de près d'un demi-siècle", regretter que la France perde son "autonomie de décision" dans un "monde plus instable et plus complexe" ou encore s'interroger sur "le manichéisme et l'expansionnisme de l'OTAN".Le deuxième a, quant à lui, tenté de démonter les arguments mis en avant par le gouvernement lors de son intervention à l'Assemblée. "Vous êtes complètement à contre-courant", a lancé M. Fabius, estimant plutôt que la défense européenne va en pâtir. Il a ensuite rappelé que la France aurait été "dans l'incapacité pratique et politique" de s'opposer à la deuxième guerre d'Irak en 2003 si elle avait déjà réintégré le commandement militaire de l'OTAN. "Nous devons à l'Histoire de rappeler que ce n'est pas avec M. Obama que M. Sarkozy a décidé la banalisation de la France. C'est avec le peu regretté président Bush", a-t-il résumé. Il a en outre demandé qu'un "rapport annuel" soit rédigé pour "voir ce que [cela] nous aura rapporté en termes de défense nationale et européenne".
"LE MONDE A CHANGÉ"
Le président du MoDem, François Bayrou, a rappelé que cette décision constituait "une chose très lourde de conséquences" et qu'elle ne pourra pas être corrigée en "un claquement de doigts". Pour les Verts, Noël Mamère s'est emporté contre "une arnaque politique", une "mascarade qui vous rabaisse au rang de 'collaborateur'". "C'est la mort politique du gaullisme", a-t-il ajouté.
Mais chez des sénateurs considérés comme des "gaullistes historiques", le choix du gouvernement a été globalement bien reçu. "C'est une conséquence logique amorcée par Jacques Chirac : le monde a changé, nous avons la force de frappe et il n'y a plus d'Américains sur le territoire", a expliqué le président de la Commission des affaires étrangères, Josselin de Rohan. "En gaulliste convaincu, je dis que de Gaulle savait bouger et s'adapter au temps présent", a justifié le sénateur des Yvelines, Dominique Braye.
Même son de cloche au Nouveau Centre, où on estime que "participer à l'élaboration de la stratégie de l'OTAN ne rendra pas la France moins forte ou moins française". Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a quant à lui profité de cette discussion pour fustiger l'opposition, selon lui, "systématiquement contre" et incapable de "se défaire des clivages partisans" pour "reconnaître l'intérêt de la nation".
Otan : 10 députés UMP n'ont pas voté
17/03/2009 Le Figaro.fr
Dix députés UMP n'ont pas voté la confiance au gouvernement, qui avait engagé sa responsabilité sur sa politique étrangère et le retour complet de la France dans le commandement intégré de l'Otan. L'immense majorité du groupe UMP (306 sur 317) a voté la confiance. Toutefois un député UMP a voté contre (Franck Marlin, Essonne).
Outre le président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, qui par tradition ne vote pas, neuf autres élus UMP ont été non-votants : les villepinistes François Goulard, Jean-Pierre Grand et Georges Tron ainsi que Lucien Degauchy, Guy Geoffroy, Christian Patria, Béatrice Pavy, André Wojciechowski et Yanick Paternotte.
Les huit députés non-inscrits ont voté contre, parmi lesquels François Bayrou (MoDem), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), Daniel Garrigue (ex-UMP) et les villiéristes Véronique Besse et Dominique Souchet. L'ensemble des 23 députés Nouveau Centre ont voté la confiance. La gauche (les 229 députés PS, PCF, PRG, DVG, Verts...) a unanimement voté contre.
Otan: L'Assemblée nationale vote la confiance au gouvernement
20 Minutes 17.03.09
PARLEMENT - François Fillon avait engagé la responsabilité de son gouvernement ce mardi, malgré quelques députés UMP récalcitrants...
C'est fait. L'Assemblée nationale vient de voter mardi par 329 voix contre 228 la confiance au gouvernement qui avait engagé sa responsabilité sur sa politique étrangère et le retour complet de la France dans le commandement intégré de l'Otan.
Cette question faisait polémique jusque dans les rangs de l’UMP. Pour ne pas risquer un vote défavorable sur ce sujet ultra-sensible, François Fillon a engagé ce mardi la responsabilité de son gouvernement à l’Assemblée nationale.
Mais, malgré le vote couru d’avance (le résultat sera connu dans la soirée), le débat a bien eu lieu dans l’hémicycle, quelques députés UMP récalcitrants ayant le droit à la parole. Ouvrant la séance, le Premier ministre a voulu dédramatiser le mouvement de la France, annoncé officiellement par Nicolas Sarkozy la semaine dernière. Le retour complet de la France dans l’OTAN ne constitue, selon lui, qu’un «ajustement» qui laissera au pays son «indépendance de ton et d’action».
Merkel, Brown et Zapatero appelés à la tribune
«Alliée mais pas vassale, fidèle mais pas soumise, voilà la nature de nos relations avec les Etats-Unis», a-t-il déclaré. «J’invite ceux qui s’inquiètent pour l’indépendance de la France à aller demander les yeux dans les yeux à Angela Merkel, Gordon Brown et Jose Zapatero s’ils ne sont pas souverains de leurs décisions».
Au nom des députés UMP, Jean-François Copé a lui aussi défendu la décision de Sarkozy, rappelant par exemple que l’Allemagne, pleinement présente dans l’OTAN, n’a pas participé à la guerre en Irak. Argument massue de Copé: «Qui peut trouver normal que l’on soit la 4ème force contributrice de l’OTAN en Afghanistan alors que nous ne participons pas au commandement stratégique en haut lieu?»
La charge du «sage actif»
Pour répondre à l’UMP, le PS a dégainé son «sage actif» préféré, Laurent Fabius. Avant de rentrer dans le fond, l’ancien Premier ministre a dénoncé une erreur dans le calendrier : «Ce débat est décisif mais la décision a déjà été prise et rendu officielle par le Président la semaine dernière»
Les socialistes sont résolument contre la réintégration dans l’Otan, craignant que la France y perde une partie de son autonomie: «Qui peut croire que si nous avions réintégré complètement l’OTAN, la France aurait pu prendre lors de la deuxième guerre en Irak la tête d’un mouvement d’opposition qui était juste et qui a fait école dans le monde?», a tancé Fabius.
François Fillon avait prévu la parade, renvoyant les socialistes dans leurs cordes en rappelant les données du débat en 1966 quand De Gaulle avait quitté le commandement intégré de l’organisation atlantiste: «Quarante ans après, voir la gauche célébrer un héritage qu’elle a combattu, c’est heureux mais c’est très conformiste».
«Que va-t-on gagner avec cette perte d’originalité?»
Voix discordante à droite, le chiraquien François Baroin a eu l'autorisation de Jean-François Copé d'exprimer son désaccord au gouvernement: «Puisque, comme vous le dites, nous sommes déjà si forts, si décisionnaires au sein de l’OTAN, que va-t-on gagner avec cette perte d’originalité?». Une remarque très applaudie sur les bancs de la gauche.
Forcé de voter la confiance à un gouvernement qu’il soutient, François Baroin a conclu son intervention par une phrase qui résume bien le sentiment de nombreux députés UMP: «La confiance que je vous donne n’efface pas les regrets».
Vincent Glad
Russie: Medvedev ordonne un réarmement "à grande échelle" à partir de 2011
17 Mars 2009 - Le président russe, Dmitri Medvedev, a déclaré mardi que l'Otan cherchait toujours à accroître sa présence près de la Russie et ordonné un réarmement "à grande échelle" de son pays à partir de 2011.
"A partir de 2011 débutera un réarmement à grande échelle de l'armée et de la marine russe", a déclaré M. Medvedev lors d'une réunion avec des hauts représentants du ministère de la Défense.
"L'analyse de la situation politico-militaire dans le monde a montré qu'il restait un potentiel de conflit sérieux dans certaines régions, alimenté par des crises locales et les tentatives incessantes de l'Otan de développer son infrastructure militaire près de la Russie", a ajouté M. Medvedev.
"La principale tâche est d'augmenter la capacité de combat de nos forces, avant tout celles de nos forces stratégiques nucléaires. Elles doivent être capables de remplir toutes les tâches indispensables pour assurer la sécurité de la Russie", a poursuivi le chef de l'Etat.
Yahoo news avec agence
L'Otan oblige la Russie à réarmer, estime Dmitri Medvedev
Par Reuters, publié le 17/03/2009
MOSCOU - Les projets d'expansion de l'Otan à l'est de l'Europe, associés aux conflits locaux et à la menace terroriste internationale, obligent la Russie à moderniser ses forces armées, a souligné le président Dmitri Medvedev.
"Les tentatives d'étendre l'infrastructure militaire de l'Otan aux frontières de notre pays se poursuivent (...) Cela nous oblige à améliorer nos forces armées, à leur donner une forme plus moderne", a dit le chef de l'Etat lors d'une rencontre avec les responsables du ministère de la Défense.
A Washington, Robert Gibbs, porte-parole de la Maison blanche, a jugé qu'il s'agissait de propos "à usage intérieur" et a assuré que l'Alliance n'avait aucune visée hostile à l'égard de Moscou. "L'Otan et la Russie ont coopéré et continueront à le faire sur des sujets d'intérêt commun, notamment en matière de terrorisme et de prolifération nucléaire", a-t-il ajouté.
Medvedev a assuré que la Russie avait les moyens financiers de mener cette modernisation malgré la crise économique actuelle.
"La première tâche, c'est d'améliorer la capacité de riposte de nos forces. Et avant tout de nos forces nucléaires stratégiques qui doivent être en mesure de remplir les missions nécessaires à la sécurité de la Russie", a dit Medvedev.
"Une autre tâche sera de faire en sorte que toutes les unités de combat soit à tout moment en mesure d'intervenir."
Cette modernisation sur une grande échelle des forces armées débutera en 2011, a précisé le président russe.
Au coeur des préoccupations du Kremlin, figurent le projet de "bouclier antimissile" américain en Pologne et en République tchèque et les perspectives d'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie à l'Otan.
Washington assure que le "bouclier antimissile" vise à protéger les Etats-Unis et leurs alliés d'attaques de missiles venant de "pays voyous" comme l'Iran mais Moscou estime que ce projet est une menace pour la Russie.
Dmitri Medvedev doit rencontrer le nouveau président américain Barack Obama en marge du sommet du Groupe des 20, début avril à Londres.
L'administration Obama a exprimé la volonté de remettre les compteurs à zéro dans les relations avec la Russie pour éviter une dangereuse dérive.
Selon un rapport du centre d'études de défense Jane's Strategic Advisory Services publié en octobre dernier, la guerre menée en août par la Russie contre la Géorgie a montré que les forces armées de Moscou ne seraient pas de taille face à un adversaire plus puissant que Tbilissi.
Ce conflit avec la Géorgie a convaincu la Russie d'entreprendre une réforme en profondeur de son armée pour la transformer en une force plus réactive que celle conçue pour la Guerre froide.
Après la chute du Rideau de fer et l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, la Russie a réduit ses effectifs et son budget militaires, mais en laissant intacte la structure d'appareil héritée de l'URSS.
Cette situation a débouché sur des cas d'unités qui n'existent que sur le papier et sont incapables de combattre.
Article paru le 14 mars 2009 - Tribune libre, L’Humanité des débats
Par Reiner Braun et Arielle Denis, animateurs des collectifs allemand et français pour le contre-sommet de l’OTAN (*)Pourquoi les forces de paix ont rendez-vous du 1er au 5 avril à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden ?
Les 3 et 4 avril prochain, l’OTAN, qui célèbre son 60e anniversaire, se réunira en sommet à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden. À cette occasion, les forces de paix d’Allemagne et de France préparent une protestation mondiale pour dénoncer les méfaits de l’alliance militaire et promouvoir un monde pacifique et solidaire. Nos concitoyens doivent savoir ce qu’est l’OTAN et pouvoir s’exprimer dans ce débat crucial pour la paix.
L’OTAN, créée « pour contenir le communisme en Europe », a survécu à la disparition du pacte de Varsovie en élargissant ses prérogatives et sa sphère d’influence - contrairement à l’engagement qu’elle avait pris alors. Depuis, elle s’affirme comme le bras armé de la mondialisation libérale, concentrant plus de 70 % des capacités militaires du monde au travers des 26 pays membres - dont 21 pays de l’Union européenne. Mais, comme au temps de la guerre froide, l’OTAN reste un appendice du Pentagone, entièrement aux mains du commandement militaire US et des décisions du président des États-Unis.
L’OTAN est une machine de guerre dotée d’armes nucléaires, de centaines de bases militaires et qui peut mener de front deux conflits majeurs et cinq conflits de moyenne intensité. Ses troupes combattent aujourd’hui en Afghanistan, tandis que le pays s’enfonce dans la misère, la corruption et l’insécurité.
Les guerres qui causent d’immenses souffrances et qui coûtent si cher aux peuples ne sont jamais une réponse aux crises. Pourtant, tandis que le monde doit faire face à une crise systémique, nous sommes inquiets de la tentation que constitue l’outil militaire OTAN pour assouvir les appétits des grandes puissances et régner sur le monde en promouvant la « guerre des civilisations ». « Sécurisation des approvisionnements énergétiques », « lutte contre l’immigration illégale » s’ajoutent aujourd’hui à la longue liste des casus belli pour lesquels l’OTAN et son arsenal nucléaire sont mobilisables.
Nous voulons que l’Union européenne joue un rôle actif pour la résolution pacifique des conflits, pour le désarmement et la réduction des dépenses militaires, qu’elle développe de nouvelles coopérations avec le Sud sur une base d’égalité. C’est pourquoi nous sommes opposés à l’ancrage structurel de la défense européenne dans l’OTAN contenu dans le traité de Lisbonne et que promeuvent madame Merkel et monsieur Sarkozy, qui sont « convaincus que la construction européenne et le partenariat atlantique sont les deux faces d’une même politique de sécurité », comme ils l’ont rappelé le 7 février dernier à Munich.
Dans le même sens, nous déplorons le retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, qui est un mauvais signal pour le monde, celui du renforcement d’un camp au détriment du multilatéralisme et de la paix.
Malgré le fait que les autorités françaises aient mis Strasbourg en état de siège et posent des entraves inadmissibles à la liberté d’expression et de circulation, du 1er au 5 avril prochain les forces de paix de tous les pays viendront à Strasbourg, à Kehl et à Baden-Baden « pour protester contre les politiques nucléaires et agressives de l’OTAN et affirmer leur attachement à construire un monde plus juste et plus pacifique ».
Un village autogéré avec de nombreuses activités, une conférence internationale les 3 et 5 avril avec des ateliers sont organisés. Le 4 avril à 13 heures une grande manifestation partira du pont de Kehl d’où viendront les cortèges d’Allemagne pour dire aux chefs d’État de l’OTAN « 60 années, c’est plus qu’assez ! »
(*) www.no-to-nato.org et www.otan-non.org
La France dans l’Otan : les citoyens s’en mêlent
La Marseillaise 12-03-2009
Mobilisation. Un collectif organise six heures « pour la paix, la justice et la démocratie » samedi à la faculté Saint-Charles. Prélude au contre-sommet du 3 au 5 avril à Strasbourg
La réintégration de la France dans le haut commandement militaire de l’Alliance Atlantique (Otan), qu’elle avait quitté en 1966, et qui sera officialisée début avril lors du sommet de Strasbourg et Kehl (Allemagne) pour les 60 ans de l’Alliance, ne peut rester l’affaire des seuls gouvernements. « C’est parce que cette réintégration se fait sans débat démocratique que nous organisons les six heures pour la paix samedi à Marseille de 14 heures à 20 heures à la faculté Saint-Charles », explique Régine Minetti, responsable du Mouvement de la Paix des Bouches-du-Rhône.
Plusieurs organisations rassemblées au sein du collectif « Otan Afghanistan » participent à l’événement. Coordinateur, le Mouvement de la Paix lance aussi une campagne pour exiger un référendum. « Une telle décision ne saurait être prise sans un large débat national qui devrait déboucher sur une consultation populaire. » Pour l’heure, seul un débat, suivi d’un vote, est programmé à l’Assemblée nationale mardi 17 mars.« Nous sommes dans une crise financière majeure et les dépenses militaires sont le seul budget en augmentation », note Henri Saint-Jean de Attac Marseille. Cet argent aurait pu être consacré à autre chose. »
Le collectif affirme qu’ « un monde de justice et de paix, c’est possible ». Ludovic Thomas, pour le PCF 13, rappelle que « l’Otan n’est pas une alliance pacifiste mais une menace pour la paix et la sécurité. Nous sommes pour la retraite à 60 ans. L’heure est donc venue pour l’Otan ! »L’UD CGT est aussi partie prenante. « Il ne peut y avoir de progrès social sans paix durable. Non seulement nous sommes contre la réintégration mais nous sommes pour la dissolution de l’Otan qui n’a plus de raison d’être », argumente Bernard Bourdelin. « Au lieu de construire un monde multilatéral on est en train de se noyer dans une globalité. Cette attitude n’est pas pertinente », fait remarquer Cédric Desmarais, étudiant et membre du collectif.
Catherine Lecoq, conseillère régionale communiste, insiste sur la dimension féministe de cette mobilisation affirmant qu’il est grand temps de « se donner les moyens de faire que les petites filles aillent à l’école ». Tandis que Charles Hoareau, pour Rouge Vifs, juge l’initiative de samedi « fondamentale car elle donne la parole au peuple ». Et ce, au-delà des frontières, rappelle Emmanuel Semanou de l’ONG « Survie France Afrique » qui constate que « c’est toujours le Nord qui parle à la place du Sud ». Largement ouverte, l’initiative de samedi rappellera que l’on est dans cette affaire « face à un choix de société ».
FRANÇOISE VERNA
OTAN, un pari
Edito du journal "Le Monde" - LE MONDE 12.03.09
C'est de l'ordre du tabou brisé. En confirmant, mercredi 11 mars, que la France allait réintégrer le commandement militaire de l'OTAN, Nicolas Sarkozy sait qu'il annonce une mesure qui comptera dans son bilan : il s'en prend à l'un des symboles de l'indépendance nationale.La France est un des membres fondateurs de l'Alliance atlantique, ce pacte de défense mutuelle conclu entre les Etats-Unis et leurs alliés européens en 1949. Il s'agissait alors de contrer la menace soviétique, et les alliés déployèrent, sous la tutelle de Washington, une organisation militaire commune, l'OTAN. Parce qu'il jugeait son commandement intégré trop soumis aux seuls intérêts stratégiques américains, de Gaulle en retira la France en 1966. Elle restait membre de l'Alliance, bien sûr. Mais, dans le club des alliés, elle devenait un membre à part, dedans-dehors : d'où l'image, et aussi la réalité, d'une politique plus indépendante à l'égard des Etats-Unis faisant consensus à Paris - à droite comme à gauche. C'est à ce pilier identitaire que s'en prend M. Sarkozy.
Il a, à juste titre, balayé nombre de contre-vérités à ce sujet. Le retour de la France dans la structure militaire intégrée de l'OTAN ne la soumet en rien aux desiderata de Washington. Les décisions se prennent par consensus : un allié est libre de refuser de participer à une opération. La France reste une puissance nucléaire indépendante : son arme atomique n'est pas concernée dans l'affaire. Il a, ensuite, énuméré quelques vérités de bon sens. Le paysage stratégique n'est plus celui de 1966 ; les menaces ont changé. Depuis le milieu des années 1990, sous l'impulsion du président Jacques Chirac, la France a réintégré de facto la quasi-totalité des comités militaires de l'OTAN. Elle est l'un des membres les plus actifs de l'organisation. Bref, la logique conduirait à parachever cette évolution en retournant dans le commandement intégré : la France n'y exercera que plus d'influence. On peut suivre le président sur cette voie.
On sera, en revanche, franchement sceptique sur la justification avancée : Paris abandonnerait la spécificité de son statut au sein de l'OTAN pour faire progresser la défense européenne. Celle-ci avance à pas comptés parce que les autres membres de l'Union ne veulent pas qu'elle se construise contre Washington. Réintégrant pleinement l'OTAN, la France apaiserait ces craintes et favoriserait ainsi l'avènement de l'Europe de la défense. Problème : ce n'est qu'un pari. Car, aujourd'hui, aucun des partenaires européens de la France ne partage sa volonté d'autonomie militaire.
Jospin: le retour dans l’Otan «détruit un consensus» gauche-droite
LIbération.fr 12/03/2009 - Les réactions de multiplient, à droite comme à gauche, après la confirmation du retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan.
Lionel Jospin a estimé ce jeudi sur RTL que le retour complet de la France dans l’Otan allait «détruire un consensus» gauche-droite «de près d’un demi-siècle» qui a évité à la France, à l’image de la Grande-Bretagne selon lui, d’être «la fille aînée docile des Etats-Unis».
Selon Jospin, «le caractère mesuré de notre intégration dans l’Otan, notre lien original avec l’alliance font que nous sommes solidaires de nos alliés militairement (…) mais en même temps nous gardons la maîtrise de l’emploi et du contrôle de nos forces sur le terrain». «Je ne vois pas l’intérêt de nous banaliser. On nous aime un peu originaux, restons le», a lancé l’ancien candidat à la présidentielle.
Pour l’ex-premier ministre, «cette décision de réintégration complète sans conditions ne crée pas une dynamique européenne» mais au contraire «l’image de la France à l’international s’en trouve altérée».
Autre réaction, positive cette fois, celle de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP: «Ce qui justifie le renforcement de la France dans l’Otan, c’est la volonté de co-diriger l’alliance, plutôt que de la subir. Quand on est un des principaux contributeurs, c’est l’intérêt national que de devenir l’un des principaux décideurs. (…) Avancer parallèlement sur l’européanisation de l’Otan et la relance d’une Europe de la défense, c’est tout sauf de l’atlantisme aveugle», a-t-il dit hier.Le Parti de Gauche, de Jean-Luc Mélenchon, se dit lui «résolument favorable à une sortie de la France de l’Otan», «participe activement à la préparation d’un contre-sommet et appelle à manifester son entier soutien aux initiatives pacifiques» qui se dérouleront les 4 et 5 avril à Strasbourg où l’Otan célèbrera son 60e anniversaire
Le sénateur PS, Didier Boulaud, a affirmé hier, au nom de son groupe de séance, qu’«il aurait été logique de soumettre au Sénat cette déclaration de politique générale pour approbation», «le Sénat est méprisé»
Quant au Parti ouvrier indépendant, il estime que la réintégration de la France «signifierait la soumission du pays aux intérêts de l’impérialisme américain et en particulier à sa politique militaire agressive envers les autres nations».
Bayrou et Aubry contre la réintégration dans l'Otan
NOUVELOBS.COM 12.03.2009
Le président du MoDem estime que c'est la fin d'une part de liberté et d'indépendance. Martine Aubry pense que "rien ne justifie" le retour complet de la France dans l'Otan.Le président du MoDem François Bayrou a regretté, mercredi 11 mars, la décision prise "sans débat" du retour de la France au sein du commandement militaire intégré de l'OTAN, estimant qu'il s'agit d'un "aller sans retour".
Sur Europe-1, François Bayrou a déclaré qu'il trouvait "que le peuple français se voit enlever quelque chose de précieux et qu'il n'est pas juste qu'on ne lui ait pas donné l'occasion de s'exprimer", avant d'ajouter qu'il voyait "deux conséquences" à l'entrée dans l'OTAN: "nous n'aurons pas la défense européenne indépendante que nous voulions" et "c'est un aller sans retour". "Ceci s'est fait sans débat (...) parce que la volonté du pouvoir s'est exprimé de la sorte".La fin d'une "part de liberté"
"Pendant des décennies, nous avions construit marque d'indépendance. Nous étions des alliés fiables et fidèles mais nous avions cette part de liberté", a souligné le président du MoDem. "Aujourd'hui, en 2009, je considère que nous allons nous priver d'une (..) des seules cartes que nous avions dans notre jeu pour être autre chose qu'alignés à l'intérieur d'un ensemble occidental dont on a vu les bêtises qu'il pouvait faire."
"J'ai la certitude que si nous avions été à l'intérieur de l'OTAN, nous aurions été, avec les autres (...) dans l'aventure irakienne"."Un atlantisme qui devient une idéologie"
Un avis partagé par Martine Aubry qui estime mercredi que "rien ne justifie" le retour de la France dans l'Otan. "Rien n'impose que nous y entrions. Le fait de ne pas y être n'a jamais empêché la France de s'associer à des actions menées par l'Otan que ce soit en Yougoslavie, ou en Afghanistan", a fait valoir la Première secrétaire du PS lors d'une conférence de presse. A ses yeux, "il n'y a pas d'urgence ni de raison fondamentale, si ce n'est un atlantisme qui devient une idéologie".
Le PS souhaite que la France donne la priorité à la construction d'une défense européenne. "Tant mieux si nous pouvons travailler main dans la main avec Obama pour porter un autre modèle dans le monde, mais priorité à l'Europe, à la défense européenne", a conclu Martine Aubry.
La réintégration de la France dans le commandement de l'OTAN
NOUVELOBS.COM 12.03.2009
Les éditorialistes commentent, jeudi 12 mars, la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, officialisée mercredi par Nicolas Sarkozy.
SUD-OUEST Bruno Dive
" (...) Le retour de notre pays dans l'OTAN n'aurait donc rien d'illogique, s'il nous apportait de réels avantages et s'il répondait à quelques conditions. C'est surtout là que le bas blesse. Nicolas Sarkozy en avait posées deux : l'obtention de postes de commandement pour des généraux français, et une avancée vers l'Europe de la Défense. Or, sauf surprise, il s'avère que ces commandements seront de second ordre ; quant à l'Europe de la Défense, elle n'a pas progressé d'un iota, même durant la présidence française. D'ailleurs, les conditions posées se sont transformées au fil des mois en mesures d'accompagnement souhaitées, puis en conséquence espérées de notre retour sans condition. Jacques Chirac avait été plus sage qui avait réclamé (en vain) un véritable poste de commandement pour un militaire, non pas français, mais européen. En fait, cette affaire résume assez bien la personnalité de Nicolas Sarkozy. A vouloir être présent partout, il va plus vite que la musique. Et à se montrer toujours pressé, il oublie en route ce qu'il avait réclamé au départ. " Les absents ont toujours tort ", a-t-il expliqué hier. On est tenté de lui répondre : " qui trop embrasse mal étreint ".
LA MONTAGNE Daniel Ruiz
"C'est agaçant, cette référence sempiternelle au général de Gaulle et à sa décision de quitter l'Otan. Le contexte du retrait de 1966 était complètement différent et les gaullistes de la dernière heure devraient se méfier du contre-emploi dans leur quête du coup d'éclat permanent. Qu'on le conteste où pas, ce retour dans le bras armé de l'Alliance atlantique est l'aboutissement d'un long processus de réduction de fracture commencé sous Valéry Giscard d'Estaing dès le milieu des années 70 et poursuivi par François Mitterrand. La chute du mur de Berlin a accéléré le mouvement avec pour tous la même conviction que l'isolationnisme n'était peut-être pas la meilleure manière de protéger notre indépendance. Tant que la décision n'était pas prise, l'absence de débat valait consensus. La vraie question serait pourquoi faire? Mettre un terme à notre originalité dans le monde occidental avec l'espoir de peser face aux Américains dans les instances de commandement pourrait très vite s'avérer un leurre. Cette réintégration efface, et pour longtemps sans doute, la bonne idée de Nicolas Sarkozy de convaincre les Américains d'accepter la création d'une défense européenne. (...)"
OUEST-FRANCE Laurent Marchand
" (...) Si le centre et la gauche sont opposés au retour de la France dans le commandement intégré, le sujet divise aussi la majorité. François Fillon a d'ailleurs choisi de recourir à la question de confiance afin d'obliger la droite à faire bloc. Le reproche principal adressé à Nicolas Sarkozy est de s'aligner sur les Américains et de brader ce qui serait devenu, au fil du temps, un capital diplomatique, sans recevoir, en échange, rien de substantiel.
Certes, lorsque Nicolas Sarkozy parle d'européaniser l'Otan, le projet peut paraître bien ambitieux, car, depuis la naissance de l'organisation, en 1949, rien n'a pu contrer l'hégémonie américaine sur l'Alliance, alors que 21 de ses 26 états membres appartiennent à l'Union européenne. Mais ce qui peut surprendre, dans ce débat, au-delà des options retenues et des arguments avancés, c'est la force du symbole dont il est chargé. Comme si la France devait renoncer à l'image qu'elle se fait d'elle-même, à une grandeur que sa classe politique a toujours célébrée, en ignorant trop souvent les perplexités, voire les sourires, qu'elle pouvait susciter à l'étranger."LE PROGRES Francis Brochet
"Ce matin, l'Atlantique est moins large, surtout vers le Nord. La France s'est rapprochée de l'Amérique, par la volonté de notre Président. Et ça ne plaît pas à tout le monde: se rapprocher des Etats-Unis, c'est forcément se mettre sous leur coupe, question de poids. Prenez le TGV Paris-Lyon: tout le monde a compris qu'il rapprochait Lyon de Paris, et pas l'inverse. Le problème, c'est que la France, la Grande Nation, se pense un peu l'égale des Etats-Unis. Pas tout à fait aussi forte, pas aussi puissante, mais au moins aussi importante dans l'Histoire de l'Humanité - ce qui revient au même, pour nous. Sans les Français, sans Lafayette, pas d'Etats-Unis, c'est aussi simple que ça. C'est pourquoi partisans et adversaires de l'Otan se retrouvent pour revendiquer "l'indépendance de la France". Cest bien, ça rime. Comme avec espérance, et jactance."
LE REPUBLICAIN LORRAIN Philippe Waucampt
" (...) Or, depuis que le Mur de Berlin est tombé, l'OTAN est moins devenu le bras armé des Etats-Unis qu'un instrument de gestion des crises régionales. Ce qui nous a amenés à participer activement aux interventions en Bosnie, au Kosovo et en Afghanistan mais sans disposer des moyens de peser sur les choix opérationnels, alors que nous sommes aujourd'hui le plus gros contributeur financier de l'organisation après les Etats-Unis. La réintégration n'est donc que l'officialisation d'une réalité existante. Avec quelques avantages en plus : meilleur accès aux informations, influence accrue sur les décisions, attribution de deux commandements. Ceci, cependant, ne grandit pas les chances d'une hypothétique Europe de la défense, que les anciens satellites de la Russie regardent comme illusoire comparée à la garantie de sécurité offerte par l'Alliance. Et la relative capacité d'influence interne que nous gagnerons en officialisant ce retour au sein de l'OTAN ne compensera pas nécessairement la diminution de prestige susceptible d'en résulter à l'extérieur. On verra à l'usage."
L'ALSACE André Schlecht
"Plutôt qu'une rupture avec la décision du général de Gaulle, en 1966, le retour de la France dans le commandement intégré de l'Alliance atlantique parachève un rapprochement amorcé depuis plusieurs années. (...) De Gaulle était au côté de Kennedy lors de la crise des missiles de Cuba, en 1962. François Mitterrand avait adhéré au point de vue américain sur les "euromissiles" soviétiques, en 1983. Et, ces dernières années, la France a participé à neuf opérations militaires de l'Otan sur dix. La réintégration de la France n'en sanctionne pas moins un échec : celui de l'Europe de la défense. Le chef de l'Etat le confirme en ces termes : elle " ne progressait pas comme nous l'espérions ". On sait pourquoi. Certaines capitales européennes ont toujours eu la conviction que la France voulait une défense européenne pour concurrencer la prééminence américaine - qu'elles jugent rassurante - et incidemment comme débouché de son industrie d'armement. En revenant dans l'appareil intégré de l'Alliance, Nicolas Sarkozy désarme ces critiques et fait le pari - à tort ou à raison : l'Histoire tranchera - que l'on progressera davantage vers l'Europe de la défense en pesant de l'intérieur sur la réforme de l'organisation. On reparlera de l'Europe après les retrouvailles atlantiques."
PARIS NORMANDIE Michel Lepinay
" (...) Mais si cela ne change rien, alors, à quoi ça sert ? Le problème est bien là. Au fond tout le monde est à peu près d'accord pour dire que dedans ou dehors c'est à peu près kif-kif, à quelques postes de commandement près. La principale différence, et elle est de taille c'est une question d'image. D'un côté l'image d'un pays qui réaffirme symboliquement son appartenance à la communauté des pays occidentaux, et manifeste donc clairement où est son camp. De l'autre, celle d'une nation qui a toujours affiché sa différence, et représenté parfois, en particulier pour le tiers-monde, une autre voie, voire un recours. Certes cette image ne tient pas à la présence ou non dans le commandement de l'Otan. Mais comme toutes les représentations symboliques elle tient à peu de choses. Un moment Nicolas Sarkozy avait conditionné ce retour de la France à la mise en place d'une défense européenne, et donc à une autre affirmation d'indépendance. Il ne l'a visiblement pas obtenue. Alors pourquoi faire acte d'alignement sur un bloc à l'heure où le monde apparaît de plus en plus multipolaire ? Où la logique des blocs est rendue caduque par l'emergence de nouvelles puissances? Si le Parlement apporte des réponses à ces questions, alors il aura joué son rôle."
LA CHARENTE LIBRE Jacques Guyon
" (...) .. Même si évidemment la décision de Nicolas Sarkozy est symboliquement et politiquement forte, il ne faudrait pas pour autant qu'elle fasse oublier une réalité: la réintégration du commandement de l'Otan ne constitue que le dernier pas d'une longue marche commencée depuis longtemps. Même après que De Gaulle ait claqué la porte du commandement de l'Otan, la France - un des douze pays fondateurs de l'alliance - est en effet restée une des pièces maîtresses du dispositif allié. Il faut se rappeler qu'en pleine crise des euromissiles, c'est François Mitterrand qui approuvera spectaculairement l'installation des Pershing en RFA. Il faut se souvenir aussi qu'en pleine crise bosniaque en 95, la France siégea au comité militaire de l'organisation et qu'elle participe au contingent de l'Otan en Afghanistan et en Bosnie. Que notre pays, quatrième contributeur en troupes et en budget de l'Otan, retrouve son siège à la table où se prennent les décisions majeures serait-ce à ce point hérétique?"
OTAN : le débat qui fait peur au Président !
Mercredi 11 mars, lors d'un discours à l'Ecole militaire, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, devrait annoncer publiquement le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan.
Evoquée depuis plusieurs mois, la perspective de réintégration de la France dans le commandement militaire de l’Otan soulève de nombreuses réactions de doute, voire d'inquiétude et même d'indignation émanant de tout l'éventail politique. « Loin d’y répondre, le Président de la République accélère le processus » déplore Arielle Denis, co-présidente du Mouvement de la Paix.
Pour la responsable pacifiste, cette précipitation confirme que « le Président de la république a peur d'un véritable débat public et ne cesse de le fuir malgré une intense pression ».
Finalement obligé d’accorder un débat à l’Assemblée nationale mardi 17 mars, le gouvernement tend un piège aux parlementaires et à l’opinion. Il fait porter le débat non sur la réintégration totale dans l’Otan mais sur l'ensemble de sa politique étrangère et en engageant la responsabilité du gouvernement. « Il faut qu'un débat démocratique puisse se tenir : organisez un référendum! (3)» demande Arielle Denis au Président de la République au nom du Mouvement de la paix, qui a lancé un appel à cet effet.
« En réintégrant le commandement militaire, le Président de la République commet une grave erreur politique et stratégique » estime le Mouvement de la paix. « Loin d'être une formalité, cette réintégration affirme une option militariste et atlantiste en contradiction avec l'intérêt de la France, de l'Europe et avec les prérogatives des Nations Unies.»
Alors que des dizaines de milliers de manifestants s'apprêtent à converger le 4 avril vers Strasbourg, Kehl et Baden Baden où se tiendra le Sommet du 60° anniversaire de l'Otan, cette peur du débat public se concrétise également à cette occasion. Arielle Denis qui anime le collectif de 40 organisations nationales (1) et de 500 organisations (2) au plan international opposées à l'Otan, rappelle que « les conditions d'une manifestation normale dans un Etat de droit ne sont toujours pas réunies, puisque l'on veut nous parquer très loin de la ville, en mettant Strasbourg en état de siège ». « C'est inadmissible » conclut-elle en demandant au Président de la République de « garantir la liberté d'expression et de circulation pour les participants au contre-sommet .»(1) www.otan-non.org
(2) www.no-to-nato.org
(3) voir communiqué du 28 février : www.mvtpaix.orgLe Mouvement de la Paix - Le 11 février 2009
Contacts : Le Mouvement de la Paix : 01 40 12 09 12
Arielle Denis : 06 87 14 89 33
Catherine Rio : 01 40 12 72 35
Otan : les zones de sécurité dévoilées
OTAN - Fin du suspense. Mardi soir, la préfecture du Bas-Rhin a communiqué le périmètre des zones de sécurité mises en place pour le sommet de l'Otan, début avril. L'une concerne le centre ville, l'autre les abords du palais de la musique et des congrès, où se tiendra le sommet le samedi 4 avril.
La préfecture adjoint à ces cartes quelques précisions :
"Les zones de sécurité ont vocation à assurer la sécurité au plus près des sites où se déroule le sommet, le Palais de la musique et des congrès et Palais des Rohan. Elles visent également à préserver l'ordre public et sont donc soumises à des conditions particulières d’aller et venue. Ne peuvent accéder et circuler à pied ou à vélo dans ces zones que les résidents ou professionnels dûment recensés sur présentation d'un laissez-passer délivré par les services de police. Concrètement l'accès se fait sur présentation d'un badge et d'une pièce d'identité. Ce système de badge a été retenu car il offrait le meilleur compromis entre les contraintes de sécurité et celles des habitants (...).Dans les zones dites orange, définies de manière relativement large autour des sites, la circulation automobile est fortement réglementée. N'y ont accès que les véhicules des résidents qui ont sollicité une pastille à coller sur le pare-brise (des courriers reçus par des résidents en zone orange ne mentionnaient pas cette pastille, mais demandaient l'immatriculation des véhicules rattachés au foyer, ndlr), ainsi que les véhicules des services de police ou d'urgence préalablement identifiés auprès des postes de commandement. Le stationnement y est limité.
Dans les zones rouges, au plus proche des sites, les accès sont uniquement piétons et vélos, aucune circulation automobile ni stationnement ne sont autorisés.
L'accès aux zones se fait par des points de contrôle ("filtres résidents" sur les cartes, ndlr) tenus par les forces de l'ordre."
La préfecture précise également que les données recueillies pour la mise en place de ces zones ont fait l'objet d'un fichier déclaré auprès de la Commission informatique et libertés. Et si l'on perd son badge (à retirer à partir d'aujourd'hui) ? "Un dispositif adapté est cours d'élaboration pour permettre en temps réel d'apporter une réponse à ce type de difficulté".
T.C.
Cartes : préfecture du Bas-Rhin
Source : LibéStrasbourg 10 Mars 2009
L'OTAN à Strasbourg-Kehl: récit subjectif d'un habitant de la zone occupée
Les 3 et 4 avril 2009 se tiendra à Strasbourg, Kehl (la ville allemande directement de l'autre côté du Rhin) et Baden-Baden le sommet des 60 ans de l'OTAN à l'invitation de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Jaap de Hoop Scheffer (secrétaire général de l'OTAN). Les enjeux politiques sont nombreux, notamment la réintégration de la France dans le commandement intégré, qu'elle avait quitté 1966. Il n'en sera pas particulièrement question ici. Il sera plutôt question de l'important dispositif mis en place à cette occasion qui va créer une véritable quarantaine sur Strasbourg et ses environ. Roland Ries, le maire de Strasbourg, plutôt favorable et heureux d'accueillir un sommet international d'une telle importance, a tout de même déclaré : «En termes de mesures de sécurité et de gêne à la vie quotidienne des citoyens pendant ces deux jours du sommet, cela va très au-delà de ce que je pensais».
En effet, fin janvier, je vois un policier de la sécurité civile quitter mon immeuble. Dans ma boite à lettre se trouve un courier dans lequel est expliqué que mon quartier (sans plus de précision) sera bouclé les 3 et 4 avril 2009 pour le sommet de l'OTAN et qu'il faudra un badge et une pièce d'identité pour rentrer dans le quartier. Je dois, en outre, déclarer toutes les personnes habitants dans mon foyer ou qui sont susceptibles de s'y rendre (infirmière, repas de l'ABRAPA, etc.). Selon les zones, il suffit parfois de renvoyer le formulaire, mais dans la mienne, ce sont des policiers qui sont venus récupérer le formulaire en main propre. C'était la première fois que des policiers entraient chez moi.
Mon voisin avait déjà accueilli un sniper lorsque le gouvernement s'était délocalisé à Strasbourg et avait dîné dans le restaurant en face de chez moi au printemps 2007. Mais là, cela dépassait toute mesure. Après avoir discuté avec les policiers, il était impossible de savoir quelle était la zone concerné par le blocus. Les commerçants du quartier ont, pour la plupart, décidé de fermer les deux jours, alors qu'il s'agit de l'un des quartiers les plus animés le samedi. L'ambiance promet d'être bonne.
10 Mars 2009 Par Tchavolo. Source : Mediapart
Le village des anti-OTAN doit s'installer au Stockfeld
Le camp des opposants au sommet de l'OTAN doit s'implanter du 1er au 5 avril au Stockfeld. La coordination anti-OTAN de Strasbourg, chargée de faire sortir de terre ce village auto-géré, prévoit d'y accueillir jusqu'à 8000 personnes.
Quatre parcelles - dont deux sont actuellement cultivées - qui appartiennent à la CUS et aux Hôpitaux universitaires vont être mises à disposition de la coordination. Une visite des lieux - le site fait au total entre 15 et 18 hectares et se situe aux alentours de la ferme éducative de la Ganzau - était organisée ce matin.Un contrat doit encore être signé entre coordination et préfecture, qui devrait notamment fixer les modalités de viabilisation des terrains et de mise à disposition d'eau, d'électricité, de douches et de sanitaires.
Source : DNA 9 Mars 2009
OTAN: Fillon va engager la responsabilité du gouvernement devant l'Assemblée
Le Premier ministre François Fillon a annoncé jeudi qu'à l'occasion du débat le 17 mars prochain à l'Assemblée nationale sur le retour de la France dans la structure militaire intégrée de l'OTAN, il entendait engager la responsabilité de son gouvernement au titre de l'article 49-1 de la Constitution.
Le retour de la France, sortie du commandement intégré sur décision du général de Gaulle en 1966, devrait être officialisé par Nicolas Sarkozy lors du sommet de l'Alliance atlantique à Strasbourg et Kehl les 3 et 4 avril prochains. L'OTAN fêtera à cette occasion ses 60 ans.
Evoquant ce vote de confiance dans une lettre adressée aux présidents des groupes PS à l'Assemblée et au Sénat, Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel, M. Fillon explique que ce projet de réintégration "s'inscrit dans le cadre d'une politique globale destinée à renforcer notre sécurité et à développer l’influence et le rayonnement de la France en Europe et dans le monde. Notre pleine participation à la structure militaire de l'OTAN n'est pas une fin en soi mais un moyen parmi d'autres de faire prévaloir les intérêts et les objectifs de notre pays sur la scène internationale".
Le chef du gouvernement ajoute que "la place de la France dans l'OTAN ne constituant qu'un des éléments contribuant à la cohérence de notre politique étrangère, c'est donc sur cette politique que le gouvernement entend inviter l'Assemblée nationale à débattre et à se prononcer. Dans cet esprit, je proposerai au président de la République, lors d'un prochain conseil des ministres, d'autoriser mon gouvernement à engager sa responsabilité sur une déclaration de politique générale en ce domaine, au titre de l'article 49-1 de notre Constitution".
Ce retour annoncé au sein du commandement intégré de l'OTAN, qui constituerait un tournant dans la politique étrangère de la France, passe mal dans la classe politique. A gauche comme à droite, y compris à l'UMP, en passant par le centriste François Bayrou, des voix s'élèvent pour dénoncer la fin de l'indépendance française et un "alignement" sur les Etats-Unis. Il semble toutefois improbable que le gouvernement soit renversé à l'occasion de ce vote.
Jeudi 5 mars 2009, AP.
Le droit de manifester à Strasbourg pour la manifestation anti-OTAN
Parlement européen : Déclaration de Francis Wurtz (Président du groupe GUE/NGL, MEP français) et Tobias Pflüger (Coordinateur du groupe GUE/NGL pour la sous-commission sécurité et défense) au nom de GUE/NGL
Nous nous associons aux organisateurs de la manifestation prévue à l'occasion du Sommet du 60ème anniversaire de l'OTAN, le 3 et 4 avril prochain à Strasbourg, pour dénoncer les restrictions drastiques imposées par les autorités françaises à la tenue de ces initiatives.
La suspension des accords de Schengen durant le Sommet et la présence policière et militaire massive d'ores et déjà annoncée visent à rendre toute mobilisation difficile. Comme à Baden-Baden, le centre-ville de Strasbourg va être déclaré, "zone rouge" inaccessible durant le Sommet, de manière à reléguer la manifestation dans une zone périphérique déserte. Ces mesures remettent en cause, de fait, le droit des citoyens de manifester contre le sommet.
Afin de garantir la tranquillité de l'autopromotion de l'alliance militaire atlantique, les gouvernements ne se contentent pas d'engager des dépenses considérables, ils permettent la violation d'un droit démocratique fondamental. Nous ne pouvons l'accepter. Strasbourg n'appartient pas à l'OTAN. Nous soutenons la demande que Strasbourg, en tant que symbole de démocratie et de paix, soit ouverte au monde.
Déclaration conjointe de Francis Wurtz et Tobias Pflüger (Députés Européens), 3 mars 2009
Réintégration de la France dans le Haut-commandement militaire intégré de l’Otan ?
Le Mouvement de la Paix demande un référendum
Le Président de la République Nicolas Sarkozy a annoncé que la France réintégrerait le Haut Commandement militaire de l'Otan lors du prochain Sommet de l'Organisation à Strasbourg, le 4 avril prochain.
Cette décision - qui ne figurait pas dans le programme du candidat Nicolas Sarkozy – soulève de nombreuses réactions de doute, voire d'inquiétude et même d'indignation émanant de toutes les sensibilités politiques de notre pays, jusque dans la majorité présidentielle. Si les approches sont diverses, l'unanimité se fait sur une question : il ne s'agit pas d'une simple formalité, mais bien d'un engagement qui a des conséquences politiques et stratégiques fortes pour la France, l'Union européenne et le monde.
Le Mouvement de la Paix estime qu’« une telle décision ne saurait être prise sans un large débat national qui devrait déboucher sur une consultation populaire sous la forme d’un référendum ».
Le Général de Gaulle accompagnant la volonté populaire, a retiré la France de l’organisation militaire intégrée de l’OTAN en 1966, cette décision s’inscrivait dans l’ambition d’indépendance de la France à l’égard des blocs militaires et dans le souci de sa souveraineté.
Pour l’organisation pacifiste « les français sont en droit d’exprimer leur opinion sur une question d’une telle importance pour l’indépendance de la France, sa souveraineté, sa place internationale spécifique dans l’Union Européenne et dans le monde ».
L’association pacifiste prendra dans les jours à venir les contacts nécessaires pour permettre de rassembler dans une expression large et unitaire tous ceux qui partagent cette demande de consultation populaire.
Saint-Ouen, le 27 février 2009
Contacts : Pierre Villard : 06 82 92 29 46 / Arielle Denis : 06 87 14 89 33
Contact Presse : Catherine Rio, Attachée de presse : catherine.riomvtpaix.org / Tél : 01 40 12 09 12
LE MOUVEMENT DE LA PAIX : MAISON DE LA PAIX, 9 rue Dulcie September – 93400 Saint-Ouen
Tel : 01 40 12 09 12 - Fax : 01 40 11 57 87 / Site web : www.mvtpaix.org - nationalmvtpaix.org
Agréé Association Nationale de la Jeunesse et d’Education Populaire
Contre l’Otan, la dream team...
Sur l'Otan, Nicolas Sarkozy a fait carton plein contre lui. Et si ça voulait dire quelque chose ?
MATEUS - Flickr - CCBien sûr, le sujet, dit-on, ne passionne pas les foules. Bien sûr, dire merde à Obama n’est pas encore très tendance en ce moment. Bien sûr, le refus d’entrer à l’OTAN, ça ne permet pas de briller dans les dîners en ville, tant la question fleure bon la nostalgie gaullienne.
Mais quand même, vous avez remarqué ? Sur ce sujet, Nicolas Sarkozy a réuni une large majorité contre lui.François Bayrou , le premier, réagi à l’annonce du Président dès le 8 février pour exiger un référendum. La méche allumée par le leader de l’ancien parti atlantiste a très vite pris. Ancien ministre de la défense, Paul Quiles a vite réagi.
Ségolène Royal a été impériale, et les instances officielles du Parti socialiste, autrefois plus ambivalentes dans ce domaine, ne vont pas jusqu’au référendum mais exigent un débat parlementaire comme on vous l’a déjà raconté dans ces colonnes.Aujourd’hui, ce sont des pans entiers de la majorité qui rejoignent le camp de l’opposition à l’entrée dans l’Otan. Nicolas Dupont-Aignan était évidemment attendu sur le terrain de la vigie gaulliste. Dominique de Villepin, auteur du fameux discours des Nations Unies d’opposition à la guerre d’Irak, s’est aussi engagé. Mais voilà qu'Alain Juppé lui-même qui dépent pourtant de l'UMP sur un plan électoral, a rappelé en quoi cette rupture-là du Président était inacceptable. D'abord parce que l'Amérique n'a pas, pour l'heure donné l'impression de vouloir partager le pouvoir; et ensuite parce qu'une réintégration de l'OTAN ne pourrait s'envisager qu'à la condition d'une progression significative de l'Europe de la défense, qui ne s'est pas encore produite. En publiant une tribune circonstanciée et motivée dans Le Monde, Alain Juppé a donné un signe décisif : désormais on peut, dans la majorité, critiquer ouvertement une décision aussi stratégique que celle de réintégrer l’OTAN.
Quant à Hubert Védrine, autre ancien Ministre des Affaires étrangères, il n’a pas commenté la décision de Sarkozy, mais on connaît sa réserve sur le sujet : en gros, pas de réintégration sans négociation préalable. Si bien que sur cette affaire d’Otan, on pourrait avoir une sacrée équipe d’opposants à la politique du gouvernement : Aubry, Quiles, Royal, Chevènement, Védrine, Bayrou, Villepin, Juppé et Dupont-Aignan. Qui se dévoue pour organiser le colloque ?
Lundi 23 Février 2009, Philippe Cohen, Marianne 2
Retour dans l'Otan : une «faute» selon Villepin
«La France passe sous les fourches caudines d'un autre pays» a averti l'ancien premier ministre dimanche sur Canal +.
Dominique de Villepin a estimé dimanche sur Canal + que Nicolas Sarkozy commettrait «une faute» en décidant de faire revenir la France dans le commandement intégré de l'Otan.
Ce changement «n'est pas un détail», a argumenté l'ancien premier ministre. «Ce n'est pas juste une signature de plus pour normaliser une position», mais «c'est véritablement la France qui passe sous les fourches caudines d'un autre pays», a poursuivi Villepin. C'est vrai que les décisions au sein de l'Otan se prennent à l'unanimité. Mais j'ai vécu la crise irakienne, a rappelé l'hôte de Matignon. Et je sais que la pression exercée par les Américains quand ils considèrent qu'il y va de leur propre sécurité est (une chose à laquelle il est) extrêmement difficile (de) résister».
G. P. Le Figaro 23/02/2009
Alain Juppé : La France a-t-elle intérêt à réintégrer en 2009 le commandement militaire de l’OTAN qu’elle a quittée en 1966 ?
” La France a-t-elle intérêt à réintégrer en 2009 le commandement militaire de l’OTAN qu’elle a quittée en 1966 ?
La question n’est pas sacrilège. Nul ne sait comment le général de Gaulle y répondrait aujourd’hui. Sinon qu’il se déterminerait à la lumière du seul intérêt national.
C’est dans cet esprit qu’en 1995, le président Chirac et le gouvernement que je dirigeais ont engagé un processus de rapprochement entre la France et l’OTAN. Nous y avions mis deux conditions clairement énoncées : d’abord parvenir à un partage équitable des responsabilités, c’est-à-dire des commandements, entre Américains et Européens ; ensuite obtenir de nos partenaires européens le lancement d’une politique européenne de sécurité et de défense (PESD) qui en soit une, ce qui supposait à la fois une volonté réelle de leur part et la levée de la réserve, voire du veto américain.
A l’époque, ces conditions ne furent pas remplies et la démarche fit long feu.
Depuis lors, les choses ont changé. En 1998, à Saint-Malo, Jacques Chirac et Tony Blair se sont mis d’accord sur une déclaration qui débloqua la situation. Ils y ont affirmé que l’Union européenne « doit avoir une capacité autonome d’action, appuyée sur des forces militaires crédibles, avec les moyens de les utiliser et en étant prête à le faire afin de répondre aux crises internationales ». Ce fut un tournant historique.
Tout au long de la décennie qui a suivi, la PESD a connu de notables avancées. De 1999 à 2000, les conseils européens de Cologne, Helsinki et Feira ont pris des décisions qui ont abouti à la mise en place de structures communes.
A Bruxelles en 2003, l’Union a adopté sa stratégie de défense. Et surtout de 2003 à 2008, elle a monté 23 missions sur des théâtres extérieurs dont 6 opérations militaires significatives par exemple en Bosnie-Herzégovine ou en République démocratique du Congo.
On comprend dès lors que le président Sarkozy, dans la droite ligne des efforts accomplis depuis 1995, reprenne aujourd’hui l’initiative.
Est-ce à dire que les conditions posées au départ et qui demeurent valables sont désormais remplies ?
Il faut y regarder à deux fois.
La nouvelle Administration américaine est-elle prête à partager réellement les responsabilités militaires au sein de l’Alliance ?
En d’autres termes, les commandements qui échoiront aux Européens et notamment aux Français auront-ils la même importance stratégique que ceux qu’exercent les officiers généraux américains ? On n’y voit pas encore assez clair sur ce premier point.
Quant à la défense européenne, il lui reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour devenir pleinement crédible.
L’agence européenne de la défense créée en juillet 2004 pour promouvoir la recherche-développement de défense et les acquisitions d’équipements militaires en coopération, n’a pas donné les résultats attendus. L’objectif capacitaire initial fixé à Helsinki en 1999, c’est-à-dire la constitution d’une force de réaction rapide européenne capable de déployer 50 à 60 000 hommes en soixante jours et pour une durée d’au moins un an n’a pas été atteint. L’effort de défense moyen des Etats membres plafonne à 1,07 % du PIB européen. Et parmi les grands pays, seule la Grande Bretagne atteint le seuil des 2%.
Avons-nous dès lors les moyens de nos ambitions ? J’ajouterai, sans esprit de provocation : avons-nous seulement des ambitions ? Partageons-nous la même vision des intérêts européens au sein de l’Alliance. Et que voulons-nous faire de cette Alliance ? Le monde actuel ne ressemble en rien à celui où elle est née. Conçue dans un contexte de confrontation entre les blocs, soviétique d’un côté, occidental de l’autre, elle doit aujourd’hui redéfinir sa raison d’être, ses missions, son territoire d’action. La vision qu’en a l’Amérique n’est pas forcément identique à celle des Européens et notamment des Français.
On me répondra que notre pays a déjà fait les neuf dixièmes du chemin sur la voie de la réintégration. Que nous siégeons à nouveau dans toutes les instances de l’OTAN (sauf deux créées après notre départ). Que nous sommes devenus l’un des premiers contributeurs en troupes de l’Alliance. Que nous avons participé sous commandement OTAN aux opérations contre la Serbie en 1999. Que nous avons placé une centaine d’officiers dans la structure intégrée et que nous participons à la force de réaction rapide de l’Organisation.
L’argument est fort.
Mais on peut se demander s’il n’est pas réversible.
Si, malgré notre position spécifique dans l’OTAN, nous en sommes un membre si actif, quel avantage allons-nous retirer à perdre cette spécificité ?
Une influence accrue dans l’Alliance ? Nous y pesons déjà lourd et toutes les décisions s’y prennent à l’unanimité.
De la considération de la part de nos alliés américains ? Sera-t-elle durable dès lors que leurs propres intérêts seront en jeu ?
Une solidarité accrue de nos partenaires européens et une relance effective de la PESD avec, notamment, la création d’un commandement militaire opérationnel ? Nous voyons bien qu’ils ne partagent pas tous notre volonté d’autonomie ; je conviens que nous aurons peut-être plus de poids pour mettre en œuvre une coopération renforcée ou structurée avec ceux qui en ont les moyens et l’ambition.
Qu’en conclure ? Qu’il y a, d’ici le sommet de l’OTAN prévu à Strasbourg début avril, place pour un débat de fond sur un choix qui engage l’avenir de la France.”
Une tribune parue dans le Monde du 21 février 2009.
Contre-sommet de l'Otan: les opposants haussent le ton
Les opposants à l'Otan haussent le ton pour manifester «dans le centre de Strasbourg» le 4 avril, lors du sommet pour le 60e anniversaire de l'Alliance atlantique, se heurtant à une fin de non-recevoir des autorités qui craignent des débordements.
La Coordination Anti-Otan de Strasbourg, qui compte les opposants les plus déterminés, a menacé dans un communiqué «de bloquer ce sommet par nos manifestations et nos actions» de désobéissance civile.«Dans les jours prochains, si les autorités ne donnent pas de réponses favorables à la globalité de (nos) revendications, nous informerons à un niveau international qu'il faudra donc se préparer à ouvrir, dans la ville de Strasbourg, des lieux d'accueil, d'hébergement et de vie, par tous les moyens nécessaires», indique cette organisation solidaire du Comité de coordination internationale (ICC), dont le mot d'ordre est «Sabotons l'Otan».
Le Collectif Strasbourg Anti-Otan, qui regroupe des organisations telles que ATTAC, NPA, les Verts, le MRAP ou Les amis du Monde Diplomatique, a adressé le même jour une lettre ouverte au sénateur-maire PS de Strasbourg, Roland Ries, lui demandant d'appuyer sa «demande d'un itinéraire de la manifestation à proximité du centre-ville». Il refuse qu'une «manifestation démocratique et pacifique soit a priori criminalisée».
«Pas question de manifestation au centre-ville»
Mais pour le premier adjoint du maire, Robert Hermann, «pas question de laisser les anti-Otan s'approcher du centre-ville, en raison de la forte probabilité que des groupuscules échappent au contrôle et ne causent des débordements». «La municipalité est totalement en ligne avec la préfecture sur la question», a-t-il insisté.
Les autorités proposent d'héberger les «anti-sommet» dans un «village d'accueil» dans la banlieue sud de Strasbourg. Le trajet proposé aux manifestants attendus par dizaines de milliers est situé dans une zone déserte, en direction du port du Rhin.
Francis Wurtz, eurodéputé français président du groupe Gauche Unie européenne (GUE), soutient lui aussi «le droit de manifester à Strasbourg, symbole de démocratie et de paix». «Strasbourg n'appartient pas à l'Otan», écrit-il dans un communiqué.
Source : DNA 20 février 2009
Les anti-Otan exigent le droit de manifester à Strasbourg
Le 15/02/2009 à 18h45 STRASBOURG (Reuters) - Les organisateurs du contre-sommet de l'Otan, qui doit se tenir en même temps que la réunion des 26 dirigeants de l'Alliance Atlantique, les 3 et 4 avril à Strasbourg, vont lancer une campagne internationale pour obtenir le droit de manifester dans la capitale européenne. Tandis que l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, dont on célèbrera le 60e anniversaire, sera hébergée au Palais des congrès et que plusieurs quartiers seront interdits à toute circulation, la préfecture propose aux manifestants de défiler dans la zone portuaire, industrielle et déserte. "Nous exigeons de pouvoir manifester dans Strasbourg, au même niveau de présence que l'Otan", a déclaré dimanche à la presse Frédéric Henry, porte-parole du comité strasbourgeois, au terme d'un week-end qui a réuni les comités anti-Otan. Les membres allemands du comité devraient notamment saisir leurs parlementaires et leur gouvernement, co-organisateur du sommet avec la France, tandis que ceux issus d'autres pays envisagent de manifester devant les ambassades de France. Quelque 450 organisations de 26 pays, dont les Etats-Unis, ont signé "l'appel de Stuttgart" du 5 octobre dernier contre "la politique agressive de l'Otan" et plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues pour le contre-sommet. Les organisateurs, qui assurent vouloir une manifestation non-violente, comprennent d'autant moins l'attitude des autorités qu'on annonce la présence à Strasbourg de plusieurs milliers de policiers. Si la France reste discrète sur les chiffres, on sait que l'Allemagne en mobilisera 12.000. Un accord est en revanche en passe d'être trouvé pour l'emplacement du "village" du contre-sommet, lieu de vie et de débats, qui s'établirait au sud de la ville, près du Rhin. La question de la manifestation a éclipsé les enjeux du contre-sommet dont le mot d'ordre sera "Fermons l'Otan". "L'Otan a toujours été structurellement liée à la défense des intérêts de l'impérialisme américain", a estimé lors d'un débat John Rees, cofondateur de la coalition "Stop the war" née en 2001 au Royaume-Uni contre une riposte militaire des Etats-Unis aux attentats du 11 septembre. Arielle Denis, coprésidente du Mouvement de la paix, s'est attachée de son côté, à préciser les enjeux de ce sommet pour la France qui devrait y officialiser son retour dans le commandement intégré de l'Otan qu'elle avait quitté en 1966. "Est-ce que Sarkozy veut devenir le nouveau bon élève, le nouveau supplétif des Etats-Unis ?" a-t-elle demandé en comparant le président français à Tony Blair.
RMC. Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse
Le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN : inutile et dangereux
(analyse de Paul Quilès, publiée par le Figaro du 11 février 2009, sous le titre "Les inconvénients du retour de la France dans l'Alliance atlantique")
Le 7 mars 1966, le général de Gaulle retirait la France du commandement militaire intégré de l’OTAN, c'est-à-dire des comités et des groupes où prenait corps l’intégration des forces armées des pays de l’Alliance atlantique. Les forces françaises étaient déliées des contraintes de la planification militaire commune et n’avaient plus à occuper des positions prédéterminées dans le dispositif de défense allié. Notre pays restait cependant tenu par les obligations de l’article 5 prévoyant une clause d’assistance mutuelle en cas d’agression.
Durant les années 90, si la France a réintégré le comité militaire, où se réunissent les ministres de la défense des pays membres de l’Alliance, elle est restée à l’écart de trois structures :
- le comité des plans de défense, où s’élabore la planification de défense, c’est à dire les objectifs de forces à atteindre en fonction des missions et des scénarios ;
- le commandement militaire permanent intégré, qui comprend la chaîne de commandement permanente et où s’élabore la planification opérationnelle ;
- le groupe des plans nucléaires, où les pays non‑nucléaires sont informés de la politique nucléaire suivie par les Etats‑Unis et la Grande Bretagne dans le cadre de l’OTAN.
Ce qui est annoncé aujourd’hui, c’est le retour dans ces organisations, à l’exception du groupe des plans nucléaires. Déjà en 1997, J. Chirac avait tenté sans succès cette opération, les Américains refusant de céder à un général français le commandement opérationnel de Naples.
Pour justifier son choix du retour dans le commandement militaire intégré, N. Sarkozy invoque trois arguments :
1- l’influence de la France ne serait pas à la hauteur de son engagement militaire et financier et ce retour lui permettrait de gagner de l’influence, notamment pour transformer et « européaniser » l’Alliance.
Il se trouve que l’influence dans l’Alliance est liée aux capacités militaires et non au statut par rapport au commandement militaire intégré. On l’a vu en 1999, lorsque, au moment du conflit du Kosovo, la France avait plus de poids que l’Allemagne dans les décisions prises par l’Alliance.
Quant au poste de « commandant suprême allié transformation »*, envisagé pour la France, il peut sembler prestigieux, mais il est dans les faits secondaire. Localisé à Norfolk, en Virginie, actuellement occupé par un général américain, il a pour mission de faire évoluer le dispositif militaire de l’Alliance, pour le rendre apte à des opérations lointaines, mais ce n’est pas un commandement opérationnel. En réalité, ce sont les Etats-Unis qui détiennent l’essentiel de l’expertise et du pouvoir de décision en matière de réorganisation des forces et d’actualisation des doctrines militaires dans l’OTAN, ce qui explique la localisation de ce commandement.
Le commandement opérationnel suprême est détenu par le Saceur, dont personne n’envisage qu’il soit détenu par un autre militaire que le commandant des forces américaines en Europe. Son adjoint, le deputy Saceur, a une mission importante, puisqu’il commande les opérations de l’Europe de la défense, quand l’UE fait appel aux moyens de l’OTAN en activant les accords dits « Berlin plus », mais il est traditionnellement britannique ou allemand, par rotation. En dessous de ces commandements, on trouve celui de Brunssum, également britannique ou allemand, et surtout celui de Naples, traditionnellement dévolu aux Américains, qui conduit les opérations en Méditerranée orientale, c’est à dire en direction du Proche-Orient. C’est celui de Lisbonne, d’importance nettement moindre, qui reviendrait à un Français.
La véritable question n’est pas celle de l’influence dans l’OTAN, mais celle de la capacité d’influencer les Américains pour faire évoluer l’OTAN, ce qu’ils n’ont pas fait depuis 1989, en maintenant une structure très lourde de 15 000 militaires. Quant à espérer influencer le processus de planification de défense, c’est tout simplement illusoire, parce que cette planification est en fait dictée par la doctrine d’emploi de l’armée américaine. L’européanisation de l’Alliance est donc un leurre, à l’image de la politique pratiquée par Tony Blair, qui a échoué, alors que celui-ci pensait influer sur la politique des Américains en étant leur allié le plus fidèle.
2- Le retour dans le commandement intégré serait une condition posée par nos partenaires européens pour faire progresser l’Europe de la défense.
N. Sarkozy a annoncé ce retour de manière implicite lors du « discours aux ambassadeurs » en août 2007. Depuis lors, tous nos partenaires considèrent que la décision est prise et qu’il n’est donc pas nécessaire de faire des concessions à la France pour ce qui concerne la défense européenne.
C’est pour cela que la France n’a pas pu obtenir la création d’un état-major de commandement permanent pour la PESD (politique européenne de sécurité et de défense), à laquelle se sont opposés les Britanniques. Sans cet état-major, la défense européenne n’a pas d’autonomie et dépend de la planification et des moyens collectifs de l’OTAN pour les opérations lourdes. Depuis lors, les Britanniques essaient de pousser l’idée d’une harmonisation des planifications de défense de l’OTAN et de la PESD, ce qui enlèverait toute autonomie et donc tout intérêt au processus de construction de l’Europe de la défense.
Au total, on voit que la perspective de retour de la France dans l’OTAN, loin de renforcer la PESD, l’a affaiblie et peut être même compromise définitivement.
3- Le retour dans le commandement intégré serait un gage de la réconciliation transatlantique et permettrait à la France d’établir avec les Etats-Unis des relations de meilleure compréhension, dans le respect des intérêts de chacun.
Militairement parlant, ce retour n’a pas d’importance. Quand la France participe à une opération, des officiers français sont intégrés dans les chaînes de commandement opérationnel.
Politiquement parlant, il n’en va pas de même. L’appartenance au commandement intégré introduit une présomption de disponibilité des forces françaises « assignées » à l’OTAN. Pour une mission militaire donnée, la participation française sera supposée acquise et le rôle du contingent français largement prédéterminé. La capacité de la France à infléchir la conduite de la mission –dans une interposition au Proche-Orient, par exemple- serait réduite d’autant. On ne voit pas en quoi cette situation réduirait les « malentendus transatlantiques ».
Symboliquement surtout, l’effet serait considérable. Jusqu’ici, le statut spécifique de la France dans l’OTAN était vu, notamment dans les pays arabes, comme le symbole d’une certaine indépendance de la France par rapport aux Etats-Unis et comme la preuve d’une volonté d’autonomie de la PESD. Cette perte d’image risque donc d’affaiblir la France et l’Europe et de déséquilibrer davantage encore la relation transatlantique.
Faire le pari d’une rupture majeure de la politique étrangère des Etats-Unis, qui laisserait plus d’autonomie à l’Europe et s’engagerait vers un multilatéralisme de compromis, est hasardeux. Rien n’indique que la nouvelle administration américaine ait décidé de renoncer aux privilèges de son « leadership ». Tout en promettant les plus larges consultations au sein de l’Alliance, le Vice-président Biden ne vient‑il pas de déclarer à Munich que « les Etats-Unis agiraient en partenariat chaque fois qu’ils le pourraient, mais seuls quand ils le devraient » ? Quant à la mission de l’OTAN en Afghanistan, s’il paraît aujourd’hui acquis que les Etats-Unis demanderont aux Européens d’y contribuer plus largement, il ne semble pas qu’ils envisagent de les associer davantage aux décisions essentielles. En revenant dans les structures intégrées de l’OTAN, la France ne serait pas dans la meilleure position pour faire prévaloir, conjointement avec ses partenaires européens, les voies d’une solution politique au conflit afghan, si jamais les Etats-Unis espéraient venir à bout de la rébellion en ayant principalement recours à l’action militaire.
La décision de N. Sarkozy est donc dangereuse, parce que porteuse de risques pour la qualité des relations transatlantiques. Elle est de plus inutile, alors même que le statut de la France dans l’OTAN était accepté par les Etats-Unis et ne nuisait en rien à la relation franco‑américaine.
* ACT : Allied Command Transformation
Mobilité : le club des limogés de M. Sarkozy
par Arnaud Leparmentier et Isabelle Mandraud(...) Quant au préfet de Strasbourg, il se verrait bien changer d'affectation avant le sommet de l'OTAN des 3 et 4 avril. C'est en tout cas le message qu'il aurait fait passer au ministère de l'intérieur. Mieux vaut devancer l'appel plutôt que d'être le suivant sur la liste présidentielle.
Source : LE MONDE 07.02.09
Le sommet de l'OTAN ou la "radicale nouveauté de l'inattendu"
OTAN - A deux mois du sommet célébrant à Strasbourg et de l'autre côté du Rhin le 60e anniversaire de la constitution de l'OTAN, première conférence de presse organisée vendredi sur le sujet par la préfecture du Bas-Rhin et la ville de Strasbourg. Mobilisés en nombre, médias français et allemands espéraient un déluge d'informations sur le sujet : détails sur l'organisation du sommet, sur celle du contre-sommet des anti-OTAN, sur les mesures de sécurité envisagées, qui s'annoncent lourdes, sur les contraintes subséquentes imposées pour quelques jours aux habitants... Et les médias en sont sortis frustrés. Car pour le moment, les autorités n'ont pas grand chose à dire.
Deux informations à retenir, tout de même. Le samedi 4, et peut-être également le vendredi 3 avril, un certain nombre d'établissements scolaires vont être amenés à fermer leurs portes en raison d'accès rendus trop compliqués par le dispositif de sécurité. Une liste indicative mentionne une douzaine d'établissements, dont le lycée Kléber, l'école du Wacken, le lycée Fustel de Coulanges, le lycée Jean Geiler, l'école Sainte-Madeleine... D'autre part, une première vague de lettres adressées cette semaine par la direction départementale de la sécurité publique à 2000 foyers invite à remplir un questionnaire et à prendre contact avec la police en vue de pouvoir bénéficier de badges permettant l'accès des résidents à leurs logements ou à leur lieu de travail pendant la durée du sommet. Pour le moment, les secteurs concernés par ces "zones de sécurisation" se trouvent au centre ville, près du palais des Rohan, et à proximité du palais de la musique et des congrès, où le sommet se déroulera le samedi 4 avril.
Pour le reste, pas grand chose. Deux éléments expliquent le manque d'informations actuel, noyé dans un flot de langue de bois : la discrétion de rigueur pour "question de sécurité" et le caractère évolutif du programme du sommet ainsi que des déjeuners et rencontres entre chefs d'Etat ou de gouvernement (26 Etats membre de l'Alliance et deux nouveaux, Albanie et Croatie) qui l'accompagneront. Du coup, l'ambassadeur Jean-Marc Rives, chargé du secrétariat général de l'organisation du sommet, philosophe sur "la radicale nouveauté de l'inattendu", qui le contraint à n'échafauder pour le moment que des "hypothèses de travail". "Et dans l'expression hypothèses de travail, il y a le terme hypothèses et le terme travail", tient-il à préciser aux représentants des médias qui n'en demandaient pas tant. Parmi les questions en suspens, le lieu de résidence du président Brack Obama, qui pourrait séjourner "alternativement" à Baden-Baden et à Strasbourg. Le nombre de journalistes présents est estimé entre 2000 et 2500. Chaque délégation nationale comprendra au moins une trentaine de membres, voire beaucoup plus dans la plupart des cas.
"On ne pourra calibrer les choses que quand on connaîtra le cahier des charges de l'OTAN, le cahier des charges des délégations et la totalité des sites retenus", précise le préfet Jean-Marc Rebière. Quel sera le périmètre des zones bouclées et interdites au stationnement ? Pas de réponse. Les axes bouclés ? Tout dépend des itinéraires choisis pour les déplacements des chefs d'Etat. Le pont de l'Europe entre Strasbourg et Kehl sera-t-il fermé ? "Pour l'instant, il n'y a aucune raison de considérer qu'il doive être déserté." L'organisation du contre-sommet ? "Nous sommes attentifs aux préoccupations de ceux qui s'inscrivent dans une démarche démocratique, dans la mesure où ils nous garantissent un certain nombre de choses." Le coût du sommet pour l'Etat ? No comment. Pour la ville de Strasbourg, le premier adjoint PS Robert Herrmann glisse que "la transparence sur les questions financières viendra en temps et en heure". Le nombre de forces de l'ordre mobilisées ? "Le niveau de forces dépend du niveau de la menace. Je ne comprends pas en quoi c'est une information", rétorque le préfet. De l'autre côté du Rhin, c'est une information : 12.000 policiers mobilisés, selon les autorités allemandes. En France, on y verra peut-être plus clair fin février, quand le potentiel de "radicale nouveauté de l'inattendu" aura diminué.
La ville de Strasbourg, qui se réjouit que l'événement "renforce sa stature internationale", promet qu'elle mettra "à disposition de l'ensemble des participants ses capacités logistiques" et qu'elle "entend développer des informations de proximité auprès des habitants et des forces vives". Les commerçants qui devraient hypothétiquement fermer boutique auront peut-être la possibilité d'ouvrir un dimanche suivant pour compenser la perte de revenus. Préfecture et municipalité s'efforcent de délivrer un discours "rassurant", répétant qu'elles oeuvrent main dans la main à l'allègement maximum du dispositif de sécurité, pour être "le moins dérangeant possible". L'heure est aux bonnes intentions. Les précisons viendront plus tard.
T.C.Source : LibéStrasbourg 30 janvier 2009
Sommet de l'OTAN : la lettre aux résidents